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	<title>Speculand - le blog de la crise</title>
	<link>http://speculand.com/</link>
	<description>Objectif : mettre les comp&#233;tences des membres d'Attac au service d'une contre-information face au d&#233;ferlement m&#233;diatique quotidien sur la crise.
Contenus : des textes courts et sign&#233;s qui collent &#224; l'actualit&#233;, des images et vid&#233;os avec possibilit&#233; de r&#233;action des internautes.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La crise du capitalisme hors-sol</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>banques</dc:subject>
		<dc:subject>Dans la presse</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories &#233;conomiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On a souvent ironis&#233; sur les banquiers et notamment sur le cas de Daniel Bouton, depuis hier ex-PDG de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale. Il s'agit bien s&#251;r non pas de stigmatiser des personnes, aussi d&#233;testables que soit leur comportement, mais bien un syst&#232;me bancaire &#171; par qui le malheur est arriv&#233; &#187; pour le dire vite. La semaine qui vient de s'&#233;couler a &#233;t&#233; encore fertile en rebondissements qui, tous, confirment les diagnostics et analyses port&#233;s ici sur les relations entre l'&#233;conomie productive et la finance, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.speculand.com/-Blog-" rel="directory"&gt;Billets&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.speculand.com/+-Dans-la-presse-+" rel="tag"&gt;Dans la presse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.speculand.com/+-Theories-economiques-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ories &#233;conomiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_134 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:160px;'&gt;&lt;img src='http://www.speculand.com/IMG/jpg/alignement-2.jpg' width=&quot;160&quot; height=&quot;184&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;On a souvent ironis&#233; sur les banquiers et notamment sur le cas de Daniel Bouton, depuis hier ex-PDG de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale. Il s'agit bien s&#251;r non pas de stigmatiser des personnes, aussi d&#233;testables que soit leur comportement, mais bien un syst&#232;me bancaire &#171; par qui le malheur est arriv&#233; &#187; pour le dire vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La semaine qui vient de s'&#233;couler a &#233;t&#233; encore fertile en rebondissements qui, tous, confirment les diagnostics et analyses port&#233;s ici sur les relations entre l'&#233;conomie productive et la finance, relations qui sont au c&#339;ur de l'accumulation capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi, selon l'information donn&#233;e par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 27 avril 2009, il se pourrait bien que la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale ait, par l'entremise de ses filiales sp&#233;cialis&#233;es dans la gestion d'actifs financiers, encore perdu cinq milliards d'euros, c'est-&#224;-dire plus que dans l'affaire dite Kerviel. Touch&#233;e par la d&#233;b&#226;cle des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, la belle Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;tait dirig&#233;e par Bouton, auteur il y a quelques ann&#233;es d'un rapport sur la bonne gouvernance des banques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#234;me semaine, le Fonds mon&#233;taire international nous apprend qu'il a estim&#233; &#224; pr&#232;s de 4100 milliards de dollars les d&#233;pr&#233;ciations d'actifs financiers dont souffrent toutes les banques dans le monde. Et il nous avertit que cette estimation n'est que provisoire, &#233;tant donn&#233; la difficult&#233; &#224; dresser des bilans exhaustifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes pr&#233;venus : aussi longtemps que les banques d&#233;couvriront les d&#233;g&#226;ts de leur propre sp&#233;culation, les plans de licenciement continueront de pleuvoir et les r&#233;formes de &#171; structures &#187; de s'&#233;panouir. Il faut bien que le syst&#232;me &#171; se refasse &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, toutes ces d&#233;pr&#233;ciations d'actifs financiers sont-elles bien graves ? Ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, la gravit&#233; la plus importante de la crise est-elle l&#224; ? &#201;coutons un &#171; expert &#187; s'il en est, Nicolas Baverez : &#171; Les effets de ce sinistre financier ont &#233;t&#233; d&#233;vastateurs. Depuis l'&#233;t&#233; 2007, plus de 40 000 milliards de richesses ont &#233;t&#233; d&#233;truits, dont 14 000 aux &#201;tats-Unis (soit un an de production). &#187; (&#171; D'o&#249; vient la crise &#233;conomique mondiale ? &#187;, &lt;i&gt;Marianne-L'histoire&lt;/i&gt;, &#171; Les crises du capitalisme &#187;, Hors-s&#233;rie, mars-avril 2009, p. 83).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui dit mieux ? &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les deux tiers du produit mondial annuel auraient &#233;t&#233; d&#233;truits ? C'est le degr&#233; z&#233;ro de la pens&#233;e &#233;conomique dans toute sa splendeur. En effet, les brusques d&#233;pr&#233;ciations d'actifs ne portent que sur des appr&#233;ciations ant&#233;rieures dont le caract&#232;re fictif est la d&#233;finition m&#234;me de la sp&#233;culation. Le produit mondial va peut-&#234;tre reculer cette ann&#233;e et les suivantes, mais de quelques pour cent. Cette r&#233;gression de la production est donc confondue avec la d&#233;pr&#233;ciation des actifs financiers. La crise du capitalisme est aussi une crise id&#233;ologique car s'effondre l'id&#233;e que la finance est en elle-m&#234;me source de richesse (rappelons-nous les b&#234;tises racont&#233;es sur les miraculeux fonds de pension pour payer les retraites). Mais les id&#233;ologues ne connaissent qu'un m&#233;tier : co&#251;te que co&#251;te, entretenir mythes et mystifications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a &#233;voqu&#233; ici &#224; plusieurs reprises l'influence n&#233;faste des normes comptables internationales qui n'ont aucunement l'intention d'&#233;valuer la richesse r&#233;elle des entreprises mais leur potentiel de valorisation financi&#232;re si les capitalistes voulaient liquider leur capital. Or, pour qu'un capitaliste liquide son capital, il doit trouver un autre capitaliste pour prendre &#224; son compte le capital productif dont veut se d&#233;barrasser le premier. Baverez n'a pas lu Marx. Baverez n'a pas lu Keynes non plus. Sinon, il ne confondrait pas la richesse, celle qui est produite, et la repr&#233;sentation fantasmatique de celle-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la crise actuelle est aussi grave, c'est parce que le capitalisme a pouss&#233; jusqu'&#224; un point jamais atteint auparavant la recherche du profit par la seule voie de la valorisation financi&#232;re directe sur les march&#233;s sp&#233;culatifs. La financiarisation du capitalisme n'a fait qu'exacerber la contradiction entre le passage oblig&#233; par le circuit &lt;i&gt;capital argent-capital productif-capital argent sup&#233;rieur&lt;/i&gt; (le fameux &lt;i&gt;A-P-A'&lt;/i&gt; de Marx) et la tentation permanente mais illusoire d'&#233;viter celui-ci pour aller directement au but &lt;i&gt;A-A'&lt;/i&gt;, sans passer par la case travail. En somme, faire du profit hors-sol.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;conomiste am&#233;ricain &lt;a href='http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/04/22/alice-in-financeland' class='spip_out'&gt;Paul Krugman&lt;/a&gt; a fait &#233;tat cette semaine d'une petite histoire sur les banques am&#233;ricaines Citigroup et Morgan Stanley, qu'a comment&#233;e Guillaume Duval d'&lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;. Le bilan d'une banque, comme de toute entreprise, comporte un actif et un passif. &#192; l'actif de la banque figurent essentiellement ses actifs financiers &#233;valu&#233;s au cours du march&#233;. Au passif se trouvent ses capitaux propres et ses dettes. Si les cr&#233;anciers de la banque estiment celle-ci en mauvaise posture, ils vont d&#233;pr&#233;cier les titres qu'ils poss&#232;dent. Si dans le m&#234;me temps, l'actif n'a pas vari&#233;, la diminution de la dette fait appara&#238;tre comptablement au passif un&#8230; b&#233;n&#233;fice par diff&#233;rence avec l'actif. Si la situation de la banque se r&#233;v&#232;le moins mauvaise qu'on le croyait ou si elle redresse sa situation, la dette est r&#233;&#233;valu&#233;e et le b&#233;n&#233;fice&#8230; dispara&#238;t, voire laisse la place &#224;&#8230; une perte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise du capitalisme est une &#233;cole pour le comprendre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;strong&gt;Photo :&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://www.flickr.com/photos/dolarz/2900652356/' class='spip_out'&gt;dolarz Flickr&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La bosse et le creux</title>
		<link>http://www.speculand.com/La-bosse-et-le-creux</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Dans la presse</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories &#233;conomiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La bataille pour le partage de la valeur ajout&#233;e est engag&#233;e. Elle ne va pas &#234;tre simple. D'abord parce que le Medef n'entend pas laisser les actionnaires &#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;s de la moindre parcelle de la richesse qu'ils sont en mesure de s'accaparer. Ensuite parce que le Pr&#233;sident Sarkozy agit en orf&#232;vre pour brouiller les cartes avec son histoire des &#171; trois tiers &#187;. Enfin, parce que les m&#233;dias s'emparent de cette question et, bien entendu, sont du c&#244;t&#233; du manche. Ainsi, le 18 f&#233;vrier 2009 dans Lib&#233;ration, un (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_91 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:195px;'&gt;&lt;img src='http://www.speculand.com/IMG/jpg/intox.jpg' width=&quot;195&quot; height=&quot;130&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;La bataille pour le partage de la valeur ajout&#233;e est engag&#233;e. Elle ne va pas &#234;tre simple. D'abord parce que le Medef n'entend pas laisser les actionnaires &#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;s de la moindre parcelle de la richesse qu'ils sont en mesure de s'accaparer. Ensuite parce que le Pr&#233;sident Sarkozy agit en orf&#232;vre pour brouiller les cartes avec son histoire des &#171; trois tiers &#187;.
Enfin, parce que les m&#233;dias s'emparent de cette question et, bien entendu, sont du c&#244;t&#233; du manche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi, le 18 f&#233;vrier 2009 dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, un article de Gr&#233;goire Biseau entend &#171; d&#233;sintoxiquer &#187; les lecteurs en critiquant la th&#232;se de la baisse de la part salariale dans la valeur ajout&#233;e au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Sa &#171; d&#233;sintox &#187; s'appuie notamment sur l'article qu'a publi&#233; Denis Clerc dans &lt;i&gt;L'&#201;conomie politique&lt;/i&gt; (n&#176; 44, janvier 2009). Celui-ci reprend son texte qui avait circul&#233; l'an dernier sur Internet et qui avait fait l'objet de discussions au sein du Conseil scientifique d'Attac. &#192; l'&#233;poque, Michel Husson avait r&#233;pondu en reconnaissant le bien-fond&#233; de certaines remarques de m&#233;thode de Denis Clerc (notamment l'analyse sur la valeur ajout&#233;e nette et non pas brute), mais en faisant valoir que, quelles que soient les m&#233;thodes de mesure retenues, la tendance &#224; la baisse de la part salariale se v&#233;rifiait, m&#234;me att&#233;nu&#233;e (notamment quand on raisonne sur la valeur ajout&#233;e apr&#232;s paiement des imp&#244;ts sur la production par les entreprises). Dans &lt;i&gt;L'&#201;conomie politique&lt;/i&gt;, Denis Clerc semble ne pas avoir eu connaissance de &lt;a href='http://hussonet.free.fr/pourtant.pdf' class='spip_out'&gt;la r&#233;ponse de Michel Husson&lt;/a&gt; et il soutient l'id&#233;e qu'on ne peut retenir comme point de rep&#232;re la &#171; bosse &#187; de la part salariale atteinte aux alentours de 1982. Celle-ci &#233;limin&#233;e, la part de la masse salariale serait globalement assez stable dans le temps. C'est &#233;galement le point de vue d&#233;fendu par Gr&#233;goire Biseau, promu &#171; d&#233;sintoxicateur &#187; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;tayer sa th&#232;se, Denis Clerc effectue une comparaison des pays europ&#233;ens sur la p&#233;riode 1990-2007 : deux groupes de pays se d&#233;gagent, les uns voyant la part salariale dans la valeur ajout&#233;e nette des soci&#233;t&#233;s non financi&#232;res augmenter (dont la France, + 2,1 points de pour cent de valeur ajout&#233;e nette), les autres baisser (tableau 1, p. 18 de &lt;i&gt;L'&#201;conomie politique&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui dit vrai ? Ou bien y a-t-il une faille quelque part ? Encore une fois, il y a un probl&#232;me de m&#233;thode. Denis Clerc refuse de prendre pour r&#233;f&#233;rence le point le plus haut jamais atteint par la part salariale. Et on peut sans doute lui donner partiellement raison. Mais le probl&#232;me vient du fait qu'&#224; la place de la &#171; bosse &#187; la plus haute, il retient comme rep&#232;re le moment le plus creux, c'est-&#224;-dire celui de la fin des ann&#233;es 1980-d&#233;but des ann&#233;es 1990, apr&#232;s que le d&#233;crochage des salaires par rapport &#224; la productivit&#233; du travail eut produit ses effets. Or il n'y a pas plus de raison de retenir le creux que la bosse. Bosse et creux ne remettent pas en cause les conclusions auxquelles le &lt;a href='http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2007/01/fra/sumf.pdf' class='spip_out'&gt;FMI&lt;/a&gt; et l'&lt;a href='http://ec.europa.eu/employment_social/employment_analysis/eie/eie2007_chap5_en.pdf' class='spip_out'&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt; aboutissent sans la moindre h&#233;sitation : la part salariale a baiss&#233; un peu partout dans le monde capitaliste d&#233;velopp&#233;. Et le &#171; d&#233;intoxicateur &#187; de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est pass&#233; un peu vite sur l'article de Denis Clerc qui se termine de fa&#231;on plus nuanc&#233;e qu'il ne commence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fin de compte, la bulle financi&#232;re ne peut prosp&#233;rer durablement qu'en proportion de la pression exerc&#233;e sur les salaires et sur tout ce qui fait la condition salariale : organisation du travail, protection sociale, services publics, etc. Et si cette condition salariale n'avait &#233;t&#233; fortement d&#233;grad&#233;e, et si elle avait renou&#233; avec sa &#171; trajectoire historique stable &#187;, on ne comprendrait pas pourquoi la crise actuelle serait aussi globale et profonde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs, ceux qui aujourd'hui contestent la th&#232;se de la baisse de la part salariale se retrouvent pour dire que, apr&#232;s la &#171; bosse &#187; grossie pendant les ann&#233;es 1970, puis le creux approfondi la d&#233;cennie suivante, la part salariale aurait retrouv&#233; cette place &#171; historique &#187; normale, celle notamment de la p&#233;riode faste des Trente Glorieuses. La lutte pour le r&#233;&#233;quilibrage du partage de la valeur ajout&#233;e ne serait donc pas justifi&#233;e. Cet argument est doublement &#233;tonnant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, il semblerait sous-entendre que, puisque la part des salari&#233;s &#233;tait stable pendant les Trente Glorieuses, leur situation n'&#233;tait pas d&#233;favorable. Mais c'est confondre le niveau de l'exploitation de la force de travail et l'&#233;volution de ce niveau. Qui ne se souvient ou qui n'a pas entendu parler des luttes sociales f&#233;roces de cette p&#233;riode et qui ont culmin&#233; dans le refus du travail &#224; la cha&#238;ne dans les ann&#233;es 1960 ? Donc dire que les gains de productivit&#233; &#233;taient &#171; partag&#233;s &#187; comme on le dit souvent doit &#234;tre compris comme &#171; partag&#233;s de telle sorte que le rapport des forces restait en l'&#233;tat &#187;. Degr&#233; stable de l'exploitation ne signifie pas absence d'exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'argument est &#233;tonnant car il vient une fois de plus nous pr&#233;senter les Trente Glorieuses comme un mod&#232;le p&#233;renne. Or le retour de cette p&#233;riode est impossible et non souhaitable. La pr&#233;paration d'une &#233;conomie non productiviste exigera un remodelage de la r&#233;partition des revenus et donc une baisse de l'exploitation de la force de travail. &#192; la limite, on peut dire, que m&#234;me si la part salariale n'avait pas beaucoup baiss&#233;, il faudra que son envers, la part actionnariale, baisse consid&#233;rablement pour que la collectivit&#233; puisse ma&#238;triser son destin. Un mode de d&#233;veloppement soutenable exige d'une part une r&#233;duction drastique des in&#233;galit&#233;s, d'autre part des investissements massifs pour reconvertir l'&#233;conomie. Il faudra donc asphyxier les dividendes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la th&#233;orie &#224; la pratique</title>
		<link>http://www.speculand.com/De-la-theorie-a-la-pratique</link>
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		<dc:date>2009-01-16T08:04:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Keynes</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ories &#233;conomiques</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un jour prochain, on dira : &#171; cette crise aura permis de faire faire un bond &#224; la th&#233;orie &#187;. Depuis hier, le Landerneau &#233;conomique s'&#233;meut : faut-il, en pleine r&#233;cession, que les entreprises et, surtout, les banques qui ont re&#231;u de l'argent &#224; gogo de la part de la collectivit&#233;, distribuent des dividendes &#224; leurs actionnaires ? D'abord, si la question se pose, c'est que la crise n'est pas pour tout le monde. On annonce qu'en 2008, les entreprises cot&#233;es au CAC 40 ont r&#233;alis&#233; environ 90 milliards d'euros de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_82 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'&gt;&lt;img src='http://www.speculand.com/IMG/jpg/banq.jpg' width=&quot;300&quot; height=&quot;197&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Un jour prochain, on dira : &#171; cette crise aura permis de faire faire un bond &#224; la th&#233;orie &#187;. Depuis hier, le Landerneau &#233;conomique s'&#233;meut : faut-il, en pleine r&#233;cession, que les entreprises et, surtout, les banques qui ont re&#231;u de l'argent &#224; gogo de la part de la collectivit&#233;, distribuent des dividendes &#224; leurs actionnaires ? D'abord, si la question se pose, c'est que la crise n'est pas pour tout le monde. On annonce qu'en 2008, les entreprises cot&#233;es au CAC 40 ont r&#233;alis&#233; environ 90 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices, soit &#224; peine un peu moins que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et qu'elles pourraient en distribuer la moiti&#233; &#224; leurs actionnaires. Et cela parce que les effets de la r&#233;cession ne se sont pas encore fait sentir au niveau des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais mon propos n'est pas l&#224;. Il existe en &#233;conomie une th&#233;orie qui s'est attach&#233;e &#224; renouveler la compr&#233;hension des m&#233;canismes boursiers, notamment de la valeur des actions et autres actifs financiers. &#192; partir d'une id&#233;e originale de Keynes, qui avait expliqu&#233; le comportement moutonnier des agents &#233;conomiques dans une situation d'incertitude, le prix des actions en Bourse serait le r&#233;sultat d'un mim&#233;tisme qui produirait le r&#233;sultat attendu par la majorit&#233;. C'est ce qu'on appelle un ph&#233;nom&#232;ne auto-r&#233;f&#233;rentiel : &#231;a monte parce que tout le monde croit que &#231;a va monter, &#231;a baisse pour la raison inverse. Il n'y aurait donc plus aucun crit&#232;re objectif &#171; fondamental &#187; expliquant les al&#233;as de la Bourse. Ainsi a pu &#234;tre th&#233;oris&#233; l'&#233;cart croissant, dans les p&#233;riodes de bulles financi&#232;res, entre la valorisation boursi&#232;re et la r&#233;alit&#233; de la production dans les entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux &#233;conomistes fran&#231;ais, Michel Aglietta et Andr&#233; Orl&#233;an, dans des travaux reconnus, ont d&#233;frich&#233; ce terrain au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es. Ils ont d&#233;velopp&#233; une analyse de la monnaie et de la finance en opposition radicale avec toutes les conceptions habituelles. La valeur des actifs financiers n'aurait plus rien &#224; voir avec des &#171; fondamentaux objectifs &#187;, tels que l'anticipation des profits r&#233;els produits par les travailleurs dans les entreprises, qui donneront lieu &#224; paiement de dividendes. Par extension, la valeur des marchandises elles-m&#234;mes ne d&#233;pendrait plus des conditions de production. Seules des consid&#233;rations subjectives, amplifi&#233;es jusqu'&#224; l'extr&#234;me par les comportements moutonniers, seraient &#224; l'&#339;uvre. &#192; la base de cette analyse, il y a une conception de la monnaie tout &#224; fait originale. Aglietta et Orl&#233;an soutiennent que la monnaie est une institution sociale pr&#233;c&#233;dant les &#233;changes, et non pas comme le croient les lib&#233;raux une cons&#233;quence de leur multiplication, le troc devenant trop mal commode. En effet, accept&#233;e par tous, la monnaie est &#224; la fois expression du d&#233;sir de richesse et lien social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pouvait-on en d&#233;duire que le choix d'un bien comme monnaie r&#233;sultait seulement d'une imitation des individus entre eux ? La monnaie est &#233;lue &#233;quivalent universel parce qu'elle est garantie par la puissance publique, et elle n'a de valeur que si, parall&#232;lement, un travail productif est effectu&#233;. En abandonnant toute th&#233;orie de la valeur fond&#233;e sur le travail, on ne peut voir dans les exc&#232;s de la finance qu'un ph&#233;nom&#232;ne uniquement auto-r&#233;f&#233;rentiel qui s'entretiendrait de lui-m&#234;me sans aucun lien avec ce qui se d&#233;roule dans la production. Cette croyance emp&#234;che de voir la crise globale actuelle comme une crise de l'ordre social impos&#233; par le capital, et conduisait nagu&#232;re Aglietta, au sujet des retraites, &#224; croire que &#171; la finance &#233;tait capable de transf&#233;rer dans le temps des richesses r&#233;elles &#187;. La finance est seulement capable de transf&#233;rer dans le temps la propri&#233;t&#233; des richesses. Encore faut-il que celles-ci soient produites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, c'est l'actualit&#233; qui permet de trancher le d&#233;bat. &#171; Verser ou non des dividendes : le dilemme des soci&#233;t&#233;s en 2009 &#187;, titre &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 15 janvier 2009. Monsieur Urs Peyer, professeur de finance &#224; l'INSEAD, d&#233;clare : &#171; les entreprises verseront un dividende plus faible que l'an pass&#233;, mais elles le verseront quand m&#234;me pour &#233;viter d'envoyer un signal trop n&#233;gatif au march&#233; &#187;. Exit la th&#233;orie du mim&#233;tisme absolu. Exit la th&#233;orie qui pr&#233;tendait qu'aucun &#171; fondamental &#187; ne gouvernait l'&#233;conomie et la finance. Exit la croyance que l'on pouvait se passer d'une th&#233;orie objective de la valeur, surtout celle de Marx !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La boucle est ainsi boucl&#233;e. La crise financi&#232;re nous avait montr&#233; que si les bulles finissent toujours par &#233;clater, c'est bien parce que la valeur &#233;conomique r&#233;elle ne peut &#234;tre cr&#233;&#233;e que par le travail. La d&#233;gradation de la condition salariale, c'est-&#224;-dire l'augmentation de l'exploitation de la force de travail, avait nourri la financiarisation. Mais elle avait atteint un point au-del&#224; duquel la finance planait au-dessus du vide. Aujourd'hui, nous avons sous les yeux la d&#233;monstration de la r&#233;ciproque : les dirigeants d'entreprise verseront des dividendes pour signifier &#224; leurs actionnaires que la r&#233;alit&#233; objective n'est pas si mauvaise que &#231;a, puisque&#8230;ils vont se d&#233;p&#234;cher &#224; mettre en place des &#171; plans sociaux&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la th&#233;orie, on peut passer &#224; la pratique. Tout cela nous convainc encore davantage que la proposition de diminuer les &#233;carts de revenus distribu&#233;s dans les entreprises est r&#233;aliste et juste, et qu'elle peut m&#234;me &#234;tre efficace. &#192; quand un d&#233;bat sur une fourchette de 1 &#224; 4 ou 1 &#224; 5 par exemple ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;strong&gt;Photo :&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://www.flickr.com/photos/davic/2841694458/' class='spip_out'&gt;Davic Flickr&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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