Raymond Soubies, conseiller social du président de la République, était mercredi 29 octobre invité par France Inter. Interrogé par un auditeur pour savoir ce que le gouvernement comptait faire pour empêcher les entreprises qui font des profits de licencier leurs salariés, il a eu cette réponse qui condense parfaitement la conception de la morale libérale appliquée aux puissants : « Il faut faire confiance à la responsabilité de chacun et si la responsabilité n’existe pas, rappeler qu’elle doit exister ».
Cette maxime trouve d’ailleurs une illustration dans le coup de Bourse qui a eu lieu ces derniers jours sur l’action Volkswagen. Comme toutes les autres firmes automobiles, elle est aujourd’hui confrontée à un rétrécissement de ses ventes et pourtant le cours de son action a quasiment été multiplié par cinq en quelques jours. La raison : l’échec d’une vente à découvert, opération qui consiste à vendre des titres que l’on ne possède pas pour les racheter ensuite quand le cours a baissé. Un certain nombre d’opérateurs boursiers avaient parié que le cours de Volkswagen allait baisser. La baisse ne venant pas et Porsche ayant annoncé la prise de contrôle de Volkswagen, le capital restant disponible sur le marché se réduit comme neige au soleil. Tous ceux qui s’étaient engagés dans cette opération devaient donc racheter à n’importe quel prix des actions Volkswagen pour se couvrir. D’où la hausse vertigineuse des cours et les pertes des spéculateurs. Tout cela ne serait qu’une spéculation de plus, qui montre que pendant la crise les affaires continuent, si l’on avait pas appris que des banques prestigieuses étaient mêlées à cette affaire. Parmi elles, la Société générale dont on ignore le montant des pertes et qui a vu son cours de Bourse baisser de 26 % suite à cette opération. Or cette banque vient de recevoir 1,7 milliard d’euros d’aide de l’Etat.
Que va faire le gouvernement qui a refusé tout contrôle des banques ? Probablement rappeler à la Société Générale que la responsabilité doit exister ! Pour notre part nous pensons que la responsabilité impose la prise de contrôle public des banques pour, entre autres, empêcher ce type de comportement.
Photo : Damien Roué Flickr
1 Message