Toutes affaires cessantes, le gouvernement Sarkolandais prépare un décret anti bonus et stock options. De son côté, le Président des USA s’étrangle de fureur devant les bonus que AIG distribue à ses cadres et prend des mesures. Le G20 pourfendra la dérégulation et les paradis fiscaux « non coopératifs ».
On dénonce les avantages abusifs accordés aux cadres supérieurs des entreprises « en période de crise » et « dans les entreprises recevant des aides de l’état ». Ce serait donc légitime dans tous les autres cas ?
Les parachutes dorés : Un « parachute doré » ne se négocie pas au départ de son bénéficiaire mais à son arrivée dans l’entreprise : Le cadre coopté doit servir d’abord ses actionnaires, pas l’entreprise : Les cas sont fréquents de « PDG tueurs » mis en place pour liquider une entreprise, comme dans le cas de Mark et Spencer Paris fermé en 2001, fermeture annoncée à ses personnels par un fax, signé d’un PDG parti avec la grosse prime. Le décret en préparation, qui ne sera pas rétroactif, ne traitera pas des parachutes dorés : Les futurs patrons tueurs bénéficieront toujours d’une protection particulière pour prix de leur obéissance absolue aux intérêts du groupe, même si quelques temps on la rend plus discrète.
Les « Stock options » : Les actionnaires voient leur actif évoluer avec la valeur de l’action en bourse, qui dépend un peu de la santé de l’entreprise et beaucoup d’un environnement spéculatif : Priorité est donnée au retour/investissement sur la marche de l’entreprise et le sort de ses personnels : En achetant les salariés, et plus particulièrement les cadres supérieurs par des options d’actions qu’ils pourront négocier après un certain temps, on s’assure leur loyauté au but actionnarial de l’entreprise .
Les « bonus » aux traders : C’est la version moderne de la prime au rendement, celle qui naguère amenait certains ouvriers à débrancher les sécurités de leurs machines pour gagner sur le nombre de pièces produites. Elle est moins dangereuse pour le trader qui en bénéficie que pour l’ouvrier mais bien plus dangereuse pour l’économie, au seul bénéfice de l’établissement financier qui la pratique. En cas d’ « accident », l’état vient au secours : Il est peu probable que les établissements renoncent à cette rémunération au résultat qui leur attache le dévouement de tant de mercenaires de l’arnaque financière, même si l’état leur impose un temps quelques limitations.
Tandis que les entreprises détruisent les emplois à tour de bras pour restaurer leur taux de profit, la stratégie financière se redéploie sur une base plus multilatérale incluant plusieurs des nouveaux acteurs du G20 : Il est sans aucun doute utile et sage de détourner les yeux d’un doigt médiatique qui pointe vers quelques boucs émissaires pour observer, à la périphérie, comment le capitalisme de toujours va changer de peau avec toujours le même objectif d’asservir le monde aux lois iniques du marché, des paradis fiscaux rebaptisés et des lobbies toujours plus organisés.

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