Un examen des mesures annoncées par le président de la république (4 décembre 2008) résume les priorités : la défense et les entreprises.
Dans l’enveloppe destinée aux investissements directs de l’Etat (4 milliards d’euros), des sommes équivalentes sont consacrés aux infrastructures (routes, ferroviaires, crèches) et aux programmes d’armement et à la sécurité intérieure (1,4 milliard d’euros chacun). Ce n’est pas le seul moyen de choyer la défense. Dans l’enveloppe ‘recherche-enseignement supérieur’ (700 millions d’euros), 180 millions d’euros sont consacrés aux recherches à des fins militaires, soit un peu plus que les sommes consacrées à la rénovation de l’immobilier universitaire (170 millions d’euros). De plus, sous la rubrique ‘patrimoine de l’Etat (650 millions d’euros), 245 millions d’euros sont consacrés au patrimoine immobilier de la défense.
Les entreprises sont les autres grandes bénéficiaires du plan Sarkozy. Les nouvelles embauches que les entreprises de moins de 10 salariés réaliseront en 2009 seront totalement exonérées de charges patronales au niveau du SMIC. En pratique, les contribuables et les charges salariales paieront la note. On sait les effets limités de ce genre de mesures sur les créations d’emplois. En revanche, elles habituent à l’idée que les employeurs n’ont pas à payer de ‘charges’ sociales…et demain, pourquoi pas de salaires directs ? D’autre part, les entreprises pourront accélérer l’amortissement de leurs investissements réalisés en 2009. Coût estimé : 660 millions € en 2010 et 800 millions € en 2011.
Au total, le montant versé aux entreprises par l’Etat grâce à ce plan s’élèverait à 11,4 Mds €.
Les commentateurs du plan de relance annoncé par le Président ont souligné la priorité donnée à l’investissement plutôt que la consommation. Les faits sont plus crus : c’est l’aide au capital plutôt qu’au travail.
Photo : medef Flickr
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