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Pauvres statistiques de la richesse !

jeudi 19 mars 2009, par Jean-Marie Harribey

L’INSEE a publié le 17 mars 2009 une étude sur le patrimoine des Français (INSEE première, n° 1229) : il aurait baissé de 3 % en 2008 à cause de la chute des cours boursiers et des prix de l’immobilier. Toutefois, nous dit l’INSEE, il a décuplé entre 1978 et 2007 et représentait 4 à 4,5 fois le PIB annuel durant les années 1980 et 1990, pour atteindre 6,6 fois le PIB en 2007.

Certes, l’INSEE prend la précaution de préciser que « cette valeur inclut les plus ou moins-values latentes relatives à chaque catégories d’actifs » et que, en termes réels, le patrimoine national a simplement doublé en trente ans. Mais il n’est pas un seul commentateur pour expliquer que la quantité d’immeubles et de terrains ne varie pas quotidiennement en fonction de leur prix. Et donc que les Français ne sont ni plus ni moins « riches » avant ou après le krach. Personne non plus pour relever que les autres actifs, financiers ceux-là, ne sont que du capital fictif tant qu’ils ne sont pas liquidés.

Cette manière de comptabiliser la richesse en fonction des valeurs de marché est symptomatique du capitalisme, de sa financiarisation et finalement de sa crise. Elle est la décalque de l’introduction des nouvelles normes comptables dans les grandes entreprises et les banques.

Autrement dit, établir une statistique de la richesse nationale (considérée sous l’angle du patrimoine, c’est-à-dire d’un stock accumulé) sur la base d’une fiction est le comble de l’absurdité : si tous les ménages voulaient liquider en même temps leurs immeubles, leurs terrains, leurs actions…, si toutes les entreprises et les administrations voulaient faire de même, que vaudrait tout cela sur le marché ?

Il est devenu fréquent de critiquer l’indicateur de la richesse considérée sous l’angle du flux annuel du PIB, mais au moins la variation annuelle du PIB est mesurée en volume [1]. Ici, le volume réel est remisé au second plan pour mettre en pleine lumière une pure fiction. D’ailleurs, dans la citation ci-dessus, c’est l’utilisation du mot « latentes » dans « plus ou moins-values latentes » qui constitue l’aveu de la vacuité de la mesure. Nous sommes toujours dans le problème plusieurs fois analysé sur ce blog : la théorie économique dominante vaut zéro pour comprendre ce qu’est richesse et c’est la crise financière qui nous le démontre.

Photo : lappartamentonuovo Flickr

Notes

[1] On pourrait certes objecter que les produits pour emploi final propre sont évalués à hauteur de ce que dit le marché : par exemple, les services de logement produits et auto-consommés par les propriétaires sont évalués d’après le loyer d’un logement équivalent sur le marché, loyer lui-même fonction de l’évolution du prix de l’immobilier. Mais cela ne représente qu’une faible part du PIB.

3 Messages de forum

  • Pas si pauvres statistiques de la richesse ! Le 22 mars 2009 à 16:41 , par etienne

    Quelques objections à cette critique, par ailleurs justifiée, de la mesure de la "richesse" par l’INSEE

    - L’INSEE indique bien qu’en volume le patrimoine a simplement doublé depuis 1978, et a suivi a peu prês le même rythme de croissance que le PIB : une fois l’effet de la hausse des prix des actifs annnulé, il y a donc bien, certes pas plus de terrains, mais deux fois plus d’immeubles et d’équipements productifs mesurés en volume en 2007 qu’en 1978. L’INSEE précise d’ailleurs que cette croissance du patrimoine suit à peu près celle du PIB réel sur longue période, ce qui semble plutôt logique, le patrimoine étant un stock de richesses accumulées, diminuées des amortissements (l’usure des équipements), ce qui traduit d’ailleurs la stabilité du taux d’accumulation en termes réels.

    - Vous avez tout à fait raison de souligner que la valeur "réelle" d’actifs illiquides n’a de sens qu’au moment de leur cession sur le marché : les chiffres donnés par l’INSEE correspondent effectivement à la fiction de la valorisation par les prix de marché (immobilier et financier) de ces actifs. Mais il n’existe, en économie capitaliste, pas d’autres moyens d’évaluer la richesse.

    En outre, cette fiction se traduit en effets bien réels sur le comportement des agents, à travers ce que les économistes appellent "l’effet de richesse", que J. Sapir a très bien décrit dans son dernier papier :(2009 : récession ou dépression ?) :

    « À la suite de la contraction du crédit et de la crise de liquidité, un nouveau mécanisme de transmission de la finance vers la sphère réelle se met alors en place. Il s’appuie sur l’effet de richesse. Ce dernier désigne la relation qui se construit entre la représentation par un acteur de sa richesse future à travers son patrimoine présent, et son comportement d’épargne. Le patrimoine d’un agent est réputé lui fournir un flux annuel de revenus et de services. Si la valeur de ce patrimoine augmente, ce flux augmentera. Dans ces conditions, il n’est pas besoin de recourir à la très discutable hypothèse de Milton Friedman sur une capacité des agents à anticiper rationnellement leur revenu permanent pour conclure que toute hausse du patrimoine est perçue comme un enrichissement net, et conduit à un accroissement de la consommation. En revanche, toute baisse du patrimoine apparaît comme un appauvrissement, qui conduit à accroître l’épargne (pour reconstituer le patrimoine) et diminue par là la consommation. Ceci correspond à l’hypothèse du « cycle de vie » formulée par F. Modigliani. »

    Même si J. Sapir ajoute à juste titre les « droits à prestations futures » des systêmes de protection sociale comme éléments permanents de la richesse des ménages, et que ceux-ci sont effectivement totalement absents dans le calcul de l’INSEE (l’évaluation de ces « droits » pose un problème, puisqu’il faudrait y inclure une somme actualisée de ces prestations futures dans le calcul du patrimoine des ménages, ce qui supposerait d’émettre des hypothèses concernant notamment l’espérance de vie en bonne santé, le chômage etc...), l’évaluation du patrimoine des agents aux prix courants est un puissant déterminant de leur comportement d’épargne, de consommation et d’investissement. J. Sapir poursuit :

    « L’effet de richesse est donc un mécanisme important quant au partage du revenu des ménages entre consommation et épargne, et de ce fait quant au volume de la demande solvable qui détermine le niveau d’activité d’une économie. Il prend bien entendu des formes différentes en fonction du rapport existant entre le patrimoine collectif (les droits sociaux) et le patrimoine individuel des agents. Il prend aussi des formes différentes en fonction des formes de détention de ce patrimoine individuel et des mécanismes permettant une monétisation plus ou moins rapide et immédiate de ce patrimoine. Ainsi, les mécanismes d’hypothèques rechargeables qui existent aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ont tendance à conférer au patrimoine immobilier des ménages une dimension très fortement spéculative, ce qui accentue les effets de richesse, à la hausse ou à la baisse, en fonction de l’évolution du patrimoine. »

    - Vous avez donc tort à mon sens d’affirmer : « Et donc que les Français ne sont ni plus ni moins « riches » avant ou après le krach. ». L’effet de richesse négatif lié à l’effondrement de la bulle immobilière a été en effet à la fois le déclencheur de la crise et risque d’être le plus puissant mécanisme auto-réalisateur des prolongement de celle-ci dans la sphère réelle : les ménages américains se sont brutalement appauvris à la suite de l’éclatement de la « bulle immobilière » et devront réduire considérablement leurs dépenses et augmenter leur épargne, quasi-nulle aujourd’hui, ce qui contribuera à l’approfondissement de la crise. Il n’y a aucune raison de penser que cet effet de richesse négatif ne se produise pas en France, si la baisse des prix de l’immobilier et la chute des cours des titres financiers se confirment, à ceci près que l’existence des droits sociaux cités précédemment joueront un rôle d’amortisseur que les comptables de l’INSEE sont effectivement incapables de mesurer. Il suffira simplement de suivre de près l’évolution de la consommation finale des ménages et de la FBCF des sociétés non financières, ce trimestre et les trimestres à venir pour avoir la juste mesure de cet effet de richesse négatif en France.

    Cet effet est encore plus complexe dans la situation actuelle d’une généralisation des anticipations à la baisse des prix des actifs qui s’enclenche lorsque l’éclatement d’une bulle survient : la baisse de la richesse apparente masque dans ce cas une baisse sous-jacente potentiellement explosive, du fait du gel des marchés. C’est ce phénomène qui explique que la crise immobilière se traduit aujourd’hui bien plus par un gel des transactions que par une baisse des prix : dans un contexte d’anticipations systématiques à la baisse, les acheteurs potentiels ont intérêt à attendre le plus possible, et le prix courant ne rend aucun compte de ces anticipations. En ce sens, la mesure de la valeur des actifs aux prix courants est effectivement un piètre indicateur de la débâcle à venir...

    C’est exactement ce se passe pour les actifs des banques qui se sont mouillées dans les titres dérivés de crédit dits toxiques : ceux-ci sont tellement pourris, c’est-à-dire sans aucune valeur, qu’en réalité, il n’existe aucun demandeur sur le marché pour ces titres, mis-à-part les Banques Centrales et le Etats, à travers leurs plan de soutiens massifs (le bilan de la FED a littérallement explosé à l’automne 2008, son actif passant de moins de 1000 milliardes de dollars en septembre à 2300 milliards de dollars au 31 décembre, la moitié ces sommes ahurissantes correspondant à l’achat de titres adossés à des crédits immobiliers de qualité douteuse). Ce qui signifie qu’en réalité, les pertes affichées par les banques sont elles-aussi fictives, puisque ces actifs n’ont tout simplement pas de prix, car il n’y a plus de marché pour eux, en dehors de la main tendue par les Banques Centrales. C’est pourquoi la proposition de F. Lordon de solvabiliser les ménages endettés plutôt que de recapitaliser les banques aurait été la mesure la plus efficace pour endiguer la crise...ces fameux titres auraient retrouvé instantanément une valeur de marché, ce qui aurait immédiatement assaini l’actif des banques touchées, tout ceci pour un coût moindre pour les finances publiques, car étalé dans le temps...

    En définitive, les crise financière et immobilière, du fait de leurs effets dépressifs dans la sphère réelle vont mécaniquement entrainer une forte contraction de l’activité économique, et la destruction d’actifs qui eux, hélas, sont biens réels : programmes immobiliers neufs en jachère, faillites d’entreprises et revente à bas prix d’équipements industriels inutilisés...sans parler des dégâts humains et sociaux liés à l’explosion du chômage.

    Tel est ainsi le paradoxe de la fiction de la valorisation des actifs par le marché : cette fiction est un signal, parmi d’autres dont disposent les agents (pour les ménages, leur chance de conserver un emploi, la qualité des prestations sociales), qui détermine puissamment leurs anticipations quand à leurs revenus, ce qui crée les conditions futures d’une augmentation ou d’une diminution de la richesse, bien réelle celle-ci.

    Par conséquent, si l’on peut déplorer le caractère aveugle, cahotique et cycliquement destructeur de richesses du capitalisme de marché, on ne peut reprocher à l’INSEE de construire des indicateurs, certes très imparfaits, mais adaptés à ce mode de production.

    P.S. : emporté par votre vive critique externe du calcul de la richesse par l’INSEE vous négligez un paragraphe important qui concerne la situation des administrations publiques, et qui me semble pourtant un élément stratégique essentiel dans le débat sur la dette publique : l’INSEE "démontre" que la richesse nette de l’Etat est positive, ce qui en toute logique, devrait mettre un terme définitif au débat concernant la dette publique, inlassablement mené par la droite libérale, qui s’articule autour de la notion de "charge sur les générations futures". Contre ces trop fameux 1200 milliards de dette, qui représenteraient une dette par tête de 20 000 euros pesant sur nos chères têtes blondes, il n’est pas difficile d’opposer les 774 milliards d’euros d’actifs nets, soit 12 000 euros de richesse nette léguée par l’Etat à chaque enfant.

    On pourrait certes enfoncer le clou en prenant en compte une mesure extensive de la richesse, à travers sa dimension immatérielle, à la D. Méda, qui incluerait le potentiel de richesse des services publics (éducation, santé, protection sociale, infrastructures...), mais ici, ne peut-on pas se contenter de la stricte mesure comptable pour en finir avec cette éternelle assertion d’une dette publique insoutenable qui pourrit le débat public de façon récurrente ?

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    • Pas si pauvres statistiques de la richesse ! Le 24 mars 2009 à 00:02 , par Jean-Marie Harribey

      Éléments de réponse à Etienne

      Merci pour ces remarques.

      Je maintiens que, globalement, la richesse n’est ni plus ni moins grande avant ou après le krach. Je dis bien : globalement. C’est-à-dire, en examinant la chose macro-économiquement, sans qu’il y ait un "extérieur", un "reste du monde" auprès duquel cette richesse pourrait être liquidée.

      Autre chose est de considérer qu’une partie de la société pourrait vouloir vendre à une autre partie son patrimoine et devrait le faire au cours du marché, à la hausse ou la baisse.

      L’effet de richesse joue, dans un sens ou dans l’autre, si le patrimoine est liquidé, à condition donc de trouver un acheteur. Le sentiment de richesse, en l’absence de liquidation, n’entame ou n’accroît pas la quantité d’immeubles ou de terrains disponibles. Quant aux actifs financiers, le sentiment de richesse ne fait varier leur prix que s’il y a tentative de liquidation.

      J’ai moi-même signalé que l’INSEE avait été bien inspiré de préciser que la croissance réelle du patrimoine français n’avait fait que doubler, suivant sensiblement le PIB.

      Je n’ai pas évoqué la question du patrimoine des administrations parce que j’en restais à celle de la méthode de comptabilisation. Et on pourrait faire les mêmes observations à ce propos. Et, bien entendu, mais ce n’était pas mon sujet que j’ai abordé ailleurs, je suis bien d’accord que le discours sur la dette est largement idéologique, surtout quand on ne met pas en face de celle-ci les actifs publics.

      Quant à l’élargissement proposé "à la Méda", attention à ne pas confondre la richesse créée, donc comptabilisable, et la richesse à venir. De la même façon, il serait absurde de dire qu’on va comptabiliser la Tour Eiffel.

      En revanche, dans le PIB est comptée la richesse non marchande représentée par le service éducation entre autres. C’est un flux, non stockable dans un compte, mais inscrit dans la tête des individus, et donc source de richesse future. Le thèorème de Thalès est une forme de richesse (intellectuelle, culturelle...) qui ne peut se comptabiliser, mais elle sert à produire des richesses comptabilisables. C’est compliqué, mais ainsi va la vie.

      JMH

      Nota bene : j’aurais bien aimé connaître le nom qui accompagne le prénom Etienne.

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  • Pauvres statistiques de la richesse ! Le 12 juin 2009 à 02:36 , par etienne

    "Je maintiens que, globalement, la richesse n’est ni plus ni moins grande avant ou après le krach. Je dis bien : globalement. C’est-à-dire, en examinant la chose macro-économiquement, sans qu’il y ait un "extérieur", un "reste du monde" auprès duquel cette richesse pourrait être liquidée."

    Maintenir cette affirmation revient à "réifier" la richesse dans le simple but de maintenir la pureté d’un raisonnement abstrait, certes théoriquement fondé, mais qui vous empêche à mon avis de saisir l’importance cruciale des "effets de richesse", qu’on ne peut réduire à une simple affaire de "sentiments" (sachant que le fait de raisonner en économie ouverte ou fermée ne change strictement rien à l’affaire).

    Il est incontestable, comme vous le dites, que l’inflation ou la dépréciation de la valeur des actifs immobiliers ou mobiliers ne change en rien la quantité physique d’immeubles ou de capital fixe accumulé à un moment donné dans une économie. Mais c’est oublier un peu vite les effets concrets des valorisations -et/ou dépréciations - financière et comptable sur l’économie réelle. Pour prendre un exemple simple, une dévalorisation brutale du capital financier d’une entreprise peut conduire à la liquidation pure et simple de son activité et à la destruction physique de son capital technique. Aussi, se priver d’une mesure comptable du capital, c’est se priver des moyens d’anticiper les évolutions des quantités physiques de ce dernier, et ceci dans une économie capitaliste, où la mesure comptable est le facteur déterminant des décisions anticipées, particulièrement en matière d’investissement (au sens de la FBCF).

    "Autre chose est de considérer qu’une partie de la société pourrait vouloir vendre à une autre partie son patrimoine et devrait le faire au cours du marché, à la hausse ou la baisse."

    Je ne comprend pas cette phrase : pour réaliser la valeur d’un actif, il faut bien que celui-ci soit cédé à un certain prix à un autre agent. Ce raisonnement n’implique aucunement de séparer une partie de la société d’une autre. Cette richesse, au sens comptable est mesurée par le patrimoine immobilier et mobilier total détenu par les agents, valorisé au prix du marché. Cette richesse est loin d’être une fiction comptable : elle représente un pouvoir d’achat potentiel de biens ou de services. De ce point de vue, la valeur des biens et services que peuvent potentiellement acheter les ménages dotés d’un patrimoine en France, à condition de céder immédiatement leurs actifs aux prix du marché, a bien baissé de 3% en moyenne, titres et immeubles confondus. Si ce n’est pas une baisse de leur richesse, je ne vois pas de quoi d’autre il peut s’agir...

    "L’effet de richesse joue, dans un sens ou dans l’autre, si le patrimoine est liquidé, à condition donc de trouver un acheteur. Le sentiment de richesse, en l’absence de liquidation, n’entame ou n’accroît pas la quantité d’immeubles ou de terrains disponibles. Quant aux actifs financiers, le sentiment de richesse ne fait varier leur prix que s’il y a tentative de liquidation."

    Entièrement d’accord. Et que se passe-t-il justement en cas d’éclatement de bulle immobilière ou boursière ? Tous les agents cherchent simultanément à liquider leurs actifs qui ne valent plus rien ou presque pour obtenir des liquidités. C’est exactement ce qui se passe dans la situation présente. Aussi, loin d’être une exception ou une simple potentialité lointaine, la question de la valorisation des actifs n’est jamais aussi prégnante que dans le cas présent : il ne s’agit pas d’un simple "sentiment de richesse", mais bien d’espèces sonnantes et trébuchantes. Croyez-vous que les ménages états-uniens obligés de vendre leur maison pour deux dollars ne sont victimes que d’un "sentiment" d’appauvrissement ? Certes, sur le plan macro-économique, il y a toujours autant de maisons, et elles auront simplement changé de mains. Mais, à moins de considérer comme de la "richesse" un parc de maisons vides détenues par des sociétés de recouvrement de dettes, il me semble toutefois hasardeux de réfuter ainsi les effets des richesse négatifs engendrés par une crise du type de celle que nous traversons.

    Car, à terme, dans une économie capitaliste, toute dépréciation massive et cumulative d’actifs financiers ou immobiliers se traduit inexorablement par la destruction pure et simple de leur contrepartie physique : cette destruction de richesses devient alors aussi réelle que celle résultant d’une guerre. Aussi, si la valorisation comptable du patrimoine national n’est effectivement par défintion qu’une mesure virtuelle de la richesse, elle seule permet de décrire et d’anticiper des effets, qui eux, sont bien réels. Encore une fois, je ne vois pas l’intérêt de se priver de ces outils comptables, à condition de les prendre pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire essentiellement des signaux.

    N.B. : Décidément, cela fait plusieurs fois qu’on me demande mon nom...

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