L’ONU est un forum dans lequel les représentations nationales se rencontrent, parfois s’affrontent verbalement, parlent beaucoup, agissent parfois, toujours en recherche d’un consensus par des voies diplomatiques qui ont épargné quelques guerres, plus que n’en comptabilisent ses détracteurs. Par les circuits tortueux et compliqués de son organisation, il arrive même, comme le faisait remarquer récemment Gus Massiah, qu’elle arrive à prendre des décisions utiles que n’approuvent pas la majorité de ses membres.
L’OTAN, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, avait au départ pour mission de protéger les pays du bloc occidental contre les menaces communistes. La reconversion de l’ours soviétique aux joies du capitalisme sans modération l’on contrainte à revoir sa raison sociale. Elle serait désormais plutôt dédiée à la défense des valeurs et de l’idéal démocratique libéral, contre un ennemi mal déterminé et terroriste, plutôt localisé dans des États voyous. Le périmètre de ses membres s’est élargi, mais ses méthodes sont restées fondamentalement les mêmes : organisation militaire, sa force de dissuasion repose sur ses escadrilles de bombardiers et son armement sous commandement américain, que d’aucuns trouvent peu adaptés aux nouveaux ennemis désignés, mais qui font en tous cas le bonheur des lobbies militaro-industriels.
Il n’y a rien d’étonnant à ce que les États-Unis aient une petite préférence pour la seconde organisation, au point même que certains pensent qu’ils aimeraient bien remplacer l’une par l’autre : un passé récent et toujours présent nous montre que la manière forte est plutôt dans les préférences de l’empire.
Nos amis d’outre-Atlantique viennent de se doter d’un président qui montre beaucoup moins de velléités guerrières que le précédent. C’est alors que notre président à nous décide de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN : décision symbolique, certes, mais qui démontre le choix, une fois de plus en décalage, d’une certaine forme de diplomatie. De la conception gaullienne de la bombinette et de l’indépendance, nous aurons gardé la bombinette et sonné le ralliement : Une vrai rupture.
Un parlement-croupion que nous avons élu pour cinq ans vient de le légitimer pour nous en oubliant de nous demander notre avis.
Le 4 avril à Strasbourg... contre-sommet de l’OTAN : une autre manière de fêter le printemps en Alsace, et de réparer un oubli.

4 Messages de forum