"L’économiste et historien" Nicolas Baverez est un auteur prolifique et médiatique. Il avait popularisé en son temps la thèse de "la France qui tombe", où il expliquait que faute d’appliquer les politiques qui marchaient si bien aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, la France courait à la catastrophe...
Dans le Monde du 16 décembre il propose une interprétation du revival de Keynes qui ressemble furieusement à une blague de potache. Quelques extraits : "l’intervention de l’Etat obéit au principe de subsidiarité, aussi indispensable en cas de collapsus des marchés qu’inutile lorsque ceux-ci fonctionnent. (...). Keynes entend recréer l’environnement nécessaire au libre jeu du marché et à la pleine utilisation du potentiel de production". Autrement dit, Keynes aurait théorisé la nécessité de l’intervention de l’Etat en temps de crise majeure, mais le respect du libre jeu des marchés en temps normal. Keynes serait ainsi "de plain-pied avec le XXIè siècle par son libéralisme". Pas mal, pour un auteur qui prônait l’euthanasie des rentiers, a démontré que les marchés financiers ne jouaient aucun rôle économique utile bien au contraire, et recommandé la socialisation de l’investissement comme le plus sûr moyen d’éviter les crises économiques récurrentes. Encore un effort, M. Baverez, pour nous montrer que Marx était un adepte de l’indépendance des banques centrales...
Photo : David.Monniaux
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