Le Sénat américain n’a pu trouver d’accord sur le plan de sauvetage de l’industrie automobile. Qu’un tel plan soit ou non nécessaire n’est pas ici la question. Interrogeons-nous plutôt sur les raisons de cet échec, plutôt inattendu, imputable à la forte minorité républicaine. Cette dernière, à juste titre pourrait-on penser, exigeait des garanties de la part des constructeurs en échange des milliards de dollars qu’on était prêt à leur accorder. Mais quelles garanties ? Essentiellement, comme le proposait le sénateur Bob Corker, celle de réduire dès 2009 le coût de la main-d’œuvre afin d’« améliorer la compétitivité », face notamment aux Japonais. Selon Corker, il est « illusoire de penser qu’un groupe qui dépense 71 dollars pour une heure de travail puisse concurrencer une entreprise de la même industrie qui ne dépense que 49 dollars ». La proposition républicaine a été transmise aux syndicats, qui l’ont refusée.
Une fois de plus, comme c’est hélas le cas en France où règnent d’autres néo-conservateurs tout aussi bornés, on entend résoudre la crise en rognant encore plus sur la part salariale, déjà bien entamée depuis bientôt trente ans. Faut-il le répéter, un plan de relance qui ne relancerait pas la consommation, mais qui au contraire augmenterait la paupérisation, ne peut qu’échouer. Barack Obama semble l’avoir compris. Mais aura-t-il la volonté politique et la latitude nécessaires pour entamer un New Deal social ? Nous le saurons d’ici quelques semaines, mais beaucoup en doutent.
1 Message