Il est évident que la succession de scandales qui, année après année, scande le fonctionnement de ce système, entame la confiance que les thuriféraires du capitalisme voudraient voir mise en lui.
Mais n’y aurait-il donc que quelques mauvais véhicules qui, une fois éliminés, auraient assaini définitivement le marché ? Smith nous avait pourtant bien prévenus, il y a plus de deux siècles, qu’il se fichait comme d’une guigne que son boucher soit "bienveillant" à son égard. Il affirmait que ce qu’il voulait, était que son boucher veille à ses intérêts, à lui le boucher, comme à la prunelle de ses yeux et qu’ainsi il protégerait, au mieux, les siens, à lui Smith.
Comment croire une seconde à ces calembredaines ? N’ont-ils pas veillé, avec beaucoup d’acharnement, à leurs intérêts tous ces Madoff, tous ces banquiers en s’autorisant des vitesses de 500 km à l’heure sur des chemins de campagne, tous ces gérants de hedge funds distribuant des revenus avec des méthodes qui, officiellement, n’avaient rien à voir avec de vulgaires martingales de casino, bref, tous ces propriétaires de capital qui ont pour objectif unique d’accroître sans fin les "rendement" de celui-ci ?
Toute l’histoire montre que, de bonne ou de mauvaise foi, Smith s’est lourdement trompé. Sans autres régulation que celles des marchés, l’économie mondiale ne sera qu’un vaste parc de voitures plus pourries les unes que les autres.
Que faudrait-il donc pour le prouver ? Quadrupler le nombre quotidien de morts de faim pour arriver à 100 000 êtres humains ? Émettre enfin, chaque année, dans l’atmosphère 500 ppm [1] de gaz carbonique ?
Comme s’écriait, l’autre nuit, Dominique Strauss Kahn "mais que fait la police ?". Il est vrai que l’on voit mal ce que pourrait bien faire le directeur général du FMI en pleine crise financière ? Quel aveu !
Photo : mercuryvapour Flickr

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