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Le Président s’adresse à la France

jeudi 19 février 2009, par PIG

Une illustration de PIG suite à la prestation télévisuelle de Nicolas Sarkozy du mercredi 18 février.

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  • Le Président s’adresse à la France Le 22 février 2009 à 11:37 , par Patrick Ramonatxo

    Après un retard certain à l’allumage, les gouvernants des principaux pays industrialisés, les journalistes… se sont enfin mis à parler de la crise financière ; elle a même pendant un moment rempli tous leurs discours. Chaque pays a bien essayé de maintenir le plus longtemps possible le « sauve qui peut » hors de ses frontières ; mais ce dernier s’est comme prévu très vite globalisé. Pourtant cela fait 10 ans qu’Attac dénonce le caractère mortifère du système néolibéral qui veut faire de la rentabilité financière le seul objectif de l’économie entraînant le ravage de toutes les dimensions de la vie. Cependant les affairistes de tous bords n’en ont rien eu à faire. Que faire, en effet, d’un système que l’on a construit et si longtemps encensé ? L’amour fou, nous disent nos spécialistes des profondeurs de l’humain, peut vite basculer vers la haine. On a pu le croire un instant à l’écoute de quelques éructations désenchantées ; cependant elles ont été vite ravalées. Actuellement nos gouvernants, écoutés benoîtement par des journalistes qui grenouillent méthodiquement dans les allées du pouvoir nous disent que la crise est un moment fécond pour se poser des questions ; cependant celles qui traversent le cerveau un peu tourmenté de nos éminents penseurs aboutissent toujours aux mêmes réponses ; un mur de vérités entassées qu’ils injectent dans les esprits depuis quelques décennies, auxquellles ils ajoutent, sans le moindre frémissement de leur conscience, l’utilisation des dégâts d’une crise venue d’un autre monde et dont ils ne sont bien sûr pas responsables, pour demander l’adhésion sans faille de ceux qui pâtissent de toutes les facettes du cataclysme à un discours réformateur présenté comme la solution unique à la crise et la seule garantie d’en sortir renforcé. Cette véritable banalisation du cynisme se déclare démarche volontariste et pragmatique, celle d’un président omnipotent qui justifie l’incohérence de son discours pour renforcer la cohérence de sa politique ; une opposition forcenée à ce qu’il nomme le monde conservateur et la répétition compulsive d’un credo progressiste qui se donne à voir comme créativement destructeur de tout ce qu’il considère comme symbole de l’immobilisme (RTT ; droit du travail ; systèmes solidaires ; services publics ; recherche fondamentale…) La crise ne doit effectivement pas détourner le capital de sa préoccupation essentielle, sa valorisation éternelle ! Il est vrai que nous avons affaire à un des nombreux experts en déréglementation. Persuadé d’être l’incarnation de la règle, il la contourne, la déplace et la renverse au gré de ses intérêts. Il essaie de nous faire oublier qu’il a soutenu l’élaboration de toute une gamme spéculative opaque et de plus en plus sophistiquée pour se passer des marchés organisés, à partir de laquelle il nous a chanté la douce chanson d’une future mondialisation heureuse. Il cherche à effacer qu’il a véhiculé la croyance en une finance fétiche capable d’engendrer de la richesse à partir du néant, et de la multiplier à l’infini ; croyance qui a permis d’évacuer que le prix de l’accumulation indécente des profits a été payé par les travailleurs du monde entier. Cependant son apparente amnésie est aussi fictive que les fondements de la finance qu’il vénère.

    Notre mémoire, elle, reste intacte, et nous permet, de ne pas être dupes face à cette agitation permanente qui pointe la culpabilité de la débâcle chez la personne pour mieux exonérer celle d’un système, et de continuer à être lucide face à la fiction néolibérale et à la réalité qu’elle induit ; celle qui montre que ceux sont les plus fragiles qui paient à la fois les bonnes affaires et les mauvaises affaires du capital ; celle qui nous permet de constater que les riscophiles, seuls promus au rang de l’ordre du mérite par l’idéologie néolibérale, ont eu tous les outils financiers pour se défausser de leurs risques sur les riscophobes, ces salariés jetables, ces chômeurs assistés et ces pauvres à qui on a fait miroiter un possible accès à la propriété privée et qu’on a aliéné à une consommation sans limite par le jeu morbide de l’emprunt. De plus, à la banalisation du cynisme s’ajoute celle du mépris ; les réponses données aux questions posées par les destructions des dimensions sociales et écologiques, vont exclusivement en direction du sauvetage des promoteurs de ces destructions. Et si les déclarations morales ne sont pas suffisantes elles se déplacent régulièrement vers la dimension sécuritaire et guerrière. Alors que nous avons atteint la logique la plus pure du capitalisme qui se révèle mutilante pour l’homme et pour la nature, ceux qui l’ont porté et soutenu, les maîtres penseurs du libre échange sans limite, veulent s’instituer penseurs de la nouvelle régulation.

    Sous la férule du FMI, ce grand artificier du désastre néolibéral, les huit se mettent à 20 en écartant le reste du monde, pour, disent-ils, « redéfinir » la finance mondiale. Et revoilà la cavalcade des mots qui cachent le sens des intentions, celles d’un réaménagement à peu de frais pour le capital.

    Une forte mobilisation contre ce G20 illégitime est essentielle…mais je suis entrain de dire une évidence altermondialiste

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