Nos media devenus néokeynésiens après avoir été si longtemps néolibéraux sans retenue n’ont pas de mots assez durs pour fustiger ces antres du diable dans les chaudrons desquels on fait bouillir l’argent sale. Ils n’ont pas de termes assez flatteurs pour vanter les mérites d’une régulation des marchés qu’il y a peu ils vouait aux gémonies.
Les milieux financiers ne ménagent pas leurs efforts de sortie de crise. La gazette étasunienne « USA TODAY » en novembre dernier a rapporté que 19 banques ont dépensé en lobbying du gouvernement fédéral 32.4 millions de dollars sur 9 mois en 2007, un investissement que le ciel (In God we trust) leur a gracieusement rendu au centuple sous la forme du plan Paulson (700 milliards de $).
En France, Le milieu bancaire qui avait gracieusement prêté François Pérol à M Sarkozy le temps d’un plan d’aide aux banques françaises l’a récupéré à la tête de l’ensemble caisse d’épargne/banque populaire. Avec lui, l’état et la finance réunis aidés par quelques fonds souverains, vont oeuvrer à restaurer le lustre d’un pôle bancaire croulant sous des milliards d’Euros de dette.
A la Commission Européenne, le Président Barroso, a créé pour étudier une régulation possible des banques le groupe Larosière dit encore « groupe des sages » dont 4 membres sur 8 sont liée à la haute finance internationale, (Citygroup, Leyman Brothers, Goldmann Satch,...) un autre est ancien patron de l’Autorité financière de régulation UK qui n’a pas su contrôler Northern Rock coulée par les subprimes, un autre encore est économiste ouvertement et énergiquement néolibéral et anti-régulation.
Pendant ce temps, le feuilleton médiéval se poursuit, notre chevalier blanc Nicolas S. clamant avec la gente dame d’outre Rhin Angela M. leur volonté commune d’introduire de la transparence et de la régulation sur les marchés financiers. Les thuriféraires patentés en déduisent que le prochain G20 sonnera le glas de l’omnipotence des paradis fiscaux : On peut hélas en douter aux affirmations des uns et aux silences des autres.
En droit international, la souveraineté des états [qui font commerce de services offshore] n’est pas questionnable : Ils devront simplement être « plus transparents », et accepter de répondre aux questions posées par d’autres états ... à condition qu’on le leur demande.
C’est précisément ce que l’OCDE demande aux juridictions offshore pour les déclarer persona grata. L’intervention de l’administration OBAMA récemment à l’égard d’une banque suisse a montré que c’était déjà possible ... à condition de le vouloir assez fort.
Les paradis fiscaux ce ne serait qu’une affaire d’évasion fiscale et de transparence bancaire ? Ces « entités juridiques offshore » proposent ouvertement sur tous les média des services divers : sociétés écran, hébergement d’Hedge funds, filiales offshore, trusts, pavillons de complaisance, opérations dérégulées de gré à gré, marché des eurodevises. Ils le disent eux-même comme argument publicitaire : Les paradis fiscaux sont l’un des piliers sans lequel la mondialisation économique contemporaine ne pourrait pas fonctionner.
C’est donc à la mondialisation économique contemporaine qu’il faut s’attaquer : Vaste programme que les chevaliers de la table ronde du G20 n’ont pas encore mis au programme.
Photo : Downing Street Flickr

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