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La spirale

mercredi 29 octobre 2008, par Jean-Marie Harribey

Le travailleur ne connaît qu’une façon de gagner sa vie : en travaillant. Le spéculateur, lui, en connaît mille.

Le spéculateur peut acheter des titres financiers sans avancer un sou : il emprunte quand la bulle semble enfler pour longtemps et il revendra avec une plus-value dont une partie remboursera l’emprunt. C’est simple. Mais c’est la spéculation entrée de gamme pour débutant.

Le spéculateur peut vendre des titres qu’il ne possède pas quand la bulle se dégonfle et il les achètera à un prix moindre juste avant de les livrer. Ça, c’est déjà la spéculation pour initié, gamme moyenne, genre spéculateur sur le titre Volkswagen ces derniers jours.

Le spéculateur peut parier sur les risques que prennent les autres spéculateurs par le biais de contrats bilatéraux entre « acheteurs de protection » et « vendeurs de protection ». On appelle ça des credit défault swaps (CDS). Là, on entre dans le haut de gamme pour spéculateurs confirmés. D’ailleurs, il faut au moins parler anglais, car ça ne se dit que dans cette langue.

On l’aura compris, plus on s’élève dans la gamme de spéculation, plus on se passe de « marchés organisés » (façon de parler car il sont libres), et plus on agit sur des « marchés de gré à gré ».

Il y a tout de même un point commun entre spéculateurs débutants et confirmés : tous ont compris que la spéculation à la hausse ne montait qu’au prorata de l’exploitation du travail.

D’où retour au début de cette chronique. Et on boucle, ou plutôt on monte en spirale avec l’enflure de la spéculation.

Photo : killthebird Flickr

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