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La raison s’évanouit

dimanche 26 octobre 2008, par Jean-Marie Harribey

« 25 000 milliards de dollars évanouis » titre Le Monde des 26 et 27 octobre 2008, sous la signature de Pierre-Antoine Delhommais, Clément Lacombe et Marc Roche.

Le Monde aurait-il perdu la tête, à l’image du monde ? Rien, strictement rien ne s’est évanoui, puisque l’éclatement d’une bulle détruit la fiction précédente. Aucune richesse réelle n’a disparu. Le capital estimé par la valorisation boursière au jour le jour n’est que fictif, disait Marx, et il avait raison, et la liquidité des actifs financiers ne peut être vraie pour tous les actionnaires en même temps, disait Keynes, et il avait raison.

Si la fiction du capital n’est pas comprise par les tenants du système et se prolonge dans le mythe de l’ “évanouissement”, c’est parce que, dans l’imaginaire bourgeois, le capital est fécond et est capable de se valoriser tout seul. Eh bien, non. Le capital ne peut être valorisé que par le travail.

Les éditorialistes du Monde et ceux qui écrivent dans le monde entier devraient revenir aux sources. Ils retrouveraient leurs esprits.

2 Messages de forum

  • La raison s’évanouit Le 20 novembre 2008 à 15:51 , par Hector

    Bonjour,

    Je suis un quidam moyen n’ayant fait aucune étude d’économie.

    Cela dit, lorsque je lis "25 000 milliards évanouis" je n’imagine pas un instant que quelque chose de physique a disparu. Virtuelle est la monnaie, virtuelle est la perte.

    Il y a quelques mois on croyait que tout ce vent virtuel valait cher, maintenant on se rend compte que le même vent virtuel vaut 25 000 milliards de moins. On a donc bien une somme de 25 000 milliards qui a disparu virtuellement.

    Sauf erreur de ma part, 95% des échanges de la bourse ne concernent que ce "vent" et seuls 5% touchent l’économie réelle. Et je suppose très fortement que les 25 000 milliards ont été ponctionnés sur les 95% virtuels, pas sur les 5% réels...

    Maintenant, je me trompe peut-être complètement et, dans ce cas, j’aimerais bien comprendre la réalité des choses.

    Merci !

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  • La raison s’évanouit Le 4 janvier 2009 à 15:56 , par Christian Lippi

    L’activité des traders dans les salles de marché peut-elle être considérée comme un "travail" ?

    Lorsqu’un épargnant - un ouvrier par exemple - cotise pendant 20ans sur un compte épargne-logement dans sa banque en pensant à l’appartement de ses vieux jours, perd tout parce que sa banque fait faillite, a-t-il le sentiment que le départ en fumée de son rêve est fictif ?

    Les pertes des Fondations Spielberg ou Elie Wiesel dans le système Madoff sont-elles des pertes fictives ? Rassurez ces deux créateurs.

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