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La finance fictive

samedi 11 avril 2009, par Jean-Marie Harribey

J’avais attiré ici l’attention plusieurs fois sur la mystification des normes comptables qui font apparaître des gains et des pertes fictifs dans les bilans des grandes entreprises. J’avais notamment pris l’exemple de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) dont le directeur général, Augustin de Romanet, avait, à la fin de l’année 2008, vendu la mèche. (Voir le texte précédent « Sauver les banques ou couvrir un système absurde ? », 20 décembre 2008). Eh bien, ça se confirme.

La CDC vient de publier ses résultats pour l’année écoulée. Le journal Les Echos (9 avril 2009), dont la compréhension de l’économie est inversement proportionnelle à son adhésion au libéralisme, nous donne, naïvement, l’information.

En 2008, la CDC a perdu 1,5 milliard d’euros, alors qu’elle était bénéficiaire de 2,48 milliards en 2007 et de 3,65 milliards en 2006. La raison ? « C’est en fait l’effondrement des marchés qui fait basculer dans le rouge les comptes de l’établissement public, contraint de constater des moins-values sur son portefeuille de participations en vertu des normes IRFS », nous dit le journaliste Guillaume Maujean, en livrant la précision donnée par la direction de la CDC qu’il s’agit de « moins-values purement virtuelles, puisqu’elles sont liées à des titres qui n’ont pas été vendus ». Et l’éditorialiste François Vidal en rajoute sur l’« État impécunieux » dont la politique pourrait fragiliser un peu plus les fonds propres de la CDC.

Or ses fonds propres affichent un recul de 20,2 milliards d’euros (fin 2007) à près de 18 milliards (fin 2008), lequel n’est dû qu’à l’opération consistant à dévaloriser/revaloriser les actifs financiers au gré des fluctuations de la Bourse. La fiction érigée en indicateur de santé économique ou même simplement financière.

2 Messages de forum

  • La finance fictive Le 12 avril 2009 à 12:03 , par Superman

    Le milieu de la finance a besoin de s’humaniser. Pour ce là il faut un mouvement des citoyens du monde pour faire pression sur les financiers. Au départ de la crise, les gouvernements et les banques ont effectuées quantité de manoeuvres pour redonner confiance aux investisseurs mais surtout aux épargnants afin de leur éviter d’avoir l’idée d’aller retirer leur argent auprés des banques.

    Voilà peut être notre solution pour mettre la pression sur nos dirigeants afin qu’ils prennent en considération nos craintes ainsi que notre envie de vivre convenablement.

    La politique du bas de laine et du matelas sera peut être notre salut. Il ne faut pas faire n’importe quoi pour ne pas tout couler mais une baisse généralisée de 5 à 10% des comptes en banque dans le monde pourrait mettre une belle pagaille et mettrait un coup de semonce à ces pratiques banquaires.

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  • La finance fictive Le 14 avril 2009 à 19:55 , par padup

    Cette illusion financière dans les comptes des banques que nous décrit JMH peut aussi s’appliquer aux états endettés auprès des marchés financiers qu’ils refinancent au travers des banques :

    Que penser de la décisions du G20, de ne pas reprendre par l’impôt "au dela du soutenable" aux marchés financiers et aux entreprises ce qu’ils ont induement pompé dans l’économie ?

    Cette décision amènera la plupart à emprunter l’argent nécessaire ... sur les marché financiers pour refinancer le FMI et les banques. Joli tour de passe-passe !

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