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L’affaire Madoff ou l’escroquerie dans l’escroquerie

mardi 16 décembre 2008, par Claude Layalle

Or donc, ce monsieur respectable qui fut en son temps patron du NASDAQ, 2ème marché boursier des USA a escroqué des années durant des clients pourtant chevronnés de 50 milliards de dollars dans des montages financiers bidons en utilisant une escroquerie vieille d’un siècle !

Il y a du beau monde, dans ses clients éplorés...

Y compris des banquiers suisses et des hedge funds, pas des gamins débutant dans finance, sans doute aussi quelques fonds de pension qui ne s’en vantent pas, quelques riches gogos et, bien sur, BNP-Paribas, Natixis, la Société Générale, un petit peu le Crédit agricole, respectables établissements français que notre gouvernement s’est engagé à soutenir financièrement sans contrepartie d’un contrôle administratif que leur compétence ne justifiait évidemment pas.

Il faut se rendre à l’évidence : A moins de considérer que le monde de la finance n’est peuplé que d’imbéciles tout juste capables d’embaucher des Jérôme Kerviel ou de se goinfrer de créances pourries, la théorie suivant laquelle quelques malfaisants comme Kennet Lay (Enron), Arthur Andersen (Andersen consulting), ou Bernard Madoff sont les grains de sable suffisants pour gripper la machine financière par ailleurs parfaite ne tient plus.

En quoi Madoff serait-il plus coupable que ses victimes dont aucune n’accepte d’investir ses fonds dans une entreprise si elle ne peut lui garantir au moins 12 à 15% de retour sur investissement ? Madoff n’a escroqué que des spéculateurs attirés par un rendement de nature douteuse alors que le gérant de fonds actionnarial, en obtenant directement de l’entreprise des profits souvent supérieurs aux plus-values boursières tire sur les salaires, les conditions de travail et la précarité de ses salariés quand il n’en liquide pas l’actif dans des fusions-acquisitions.

La réalité, c’est celle de ces Hedge funds qui assurent leur rentabilité dans l’obscurité des paradis fiscaux, se dévorant entre eux, ce qui pourrait parfois nous réjouir mais qui malheureusement alimente des bulles financières qui finissent par nous sauter à la figure et finissent toujours par se refinancer sur l’économie réelle, c’est-à-dire à notre détriment.

Ils n’ont souvent pas des méthodes plus recommandables que celle d’un Bernard Madoff, mais, pas vu pas pris, ils prospèrent et s’il y a aussi des perdants dans ce monde spéculatif, seuls les naïfs s’en plaignent : les autres ont généralement d’autres arnaques de plan B dans leur gibecière.

Carpe Diem est le mot d’ordre dans cet univers financier, et si demain ça finit par aller très mal, il sera temps de faire appel à la finance publique pour réparer les déchirures dans le manteau de respectabilité d’un système vraiment avarié.

Bonnes fêtes de Noël tout de même, les média auxquels on peut se fier nous assurent que le marché des jouets ne faiblit pas.

Photo : ralphunden Flickr

5 Messages de forum

  • L’affaire Madoff ou l’escroquerie dans l’escroquerie Le 19 décembre 2008 à 00:00 , par Jean REBY-FAYARD

    Oui tout est juste. Personnellement pourtant je préfère le discours plus appuyé en démonstration théorique. Par exemple ne peut-on pas dire que 3 étapes jalonnent ces 30 dernères années :

    1)- Le départ avec Tatcher et Reagan du néo-libéralisme

    2)- La place prépondérante prise par l économie financière sur l’économie réelle, en même temps que déclinait par un jeu normal de l’évolution la place des secteurs primaires et secondaires

    3)- La sophistication de la gestion del’économie financière, laissant apparaître des produits financiers non orthodoxes

    4)-les gains faciles de ce fait des détenteurs de capitaux et la recherche du toujours plus qui conduit aux agissements de prédateurs Jean REBY-FAYARD Groupe de St LÔ 50

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  • L’affaire Madoff ou l’escroquerie dans l’escroquerie Le 3 janvier 2009 à 23:13 , par feel good

    On parle de finance à la Ponzi pour Madoff pourtant ce terme est utilisé par P Arthus lui-même sur les subprimes dès septembre 2007. Les bulles spéculatives sont basées sur ce principe, Madoff est plus cynique en anticipant les non remboursements des fonds qui lui ont été confiés. En plus il est sympa, il sert de blanchiment des comportements des autres financiers en attirant l’attention. Il aurait peut-être des complices non... parmi ses victimes peut-être ?

    Patrick Artus (*) : " Les excès de la Ponzi Finance "

    [ 14/09/07 - 03H30 ]

    Le crédit le plus populaire aux Etats-Unis en matière de " subprime " est le " 2-28 " qui se caractérise par une période de deux ans avec des taux d’intérêt très bas suivie d’une période de vingt-huit ans à des taux d’intérêt normaux. Le changement de taux qui survient au bout de deux ans est appelé le " reset ". Par le passé, quand le prix des maisons augmentait, soit les particuliers vendaient à ce moment-là leur maison et remboursaient leur crédit, ce qui était néanmoins rare, soit ils profitaient de la hausse de la valeur de leur maison pour obtenir un nouveau crédit afin de payer les intérêts. Cette seconde pratique, qui était de loin la plus répandue, relève de ce que les économistes appellent le " Ponzi Finance ". A Boston, dans les années 1920, Charles Ponzi avait ouvert un fonds soi-disant investi en Californie sur lequel il servait un intérêt de 50 %. En réalité, il payait cet intérêt en se servant des nouvelles souscriptions à son fonds. Ainsi, le Ponzi Finance fait référence à un mécanisme dont la solvabilité n’est pas assurée par les revenus, mais par un endettement récurrent. Ce qualificatif s’applique bien au système du " subprime " dans la mesure où, au moment où les personnes ont contracté leurs prêts, elles disposaient de revenus qui ne les mettaient pas en capacité de rembourser leur crédit après le " reset ". Mais la démonstration vaut aussi pour les LBO dans la mesure où les fonds, ces derniers mois, vendaient essentiellement à d’autres fonds. A la fin de 2004, les entreprises vendues et achetées étaient valorisées 5 fois leur Ebitda. Au début de 2007, ces multiples étaient plus proches de 10. Autrement dit, les fonds de LBO ont massivement recours à la Ponzi Finance. Leur solvabilité dépend de leur capacité à vendre les entreprises qu’ils possèdent à d’autres fonds en réalisant une marge très significative. Ce système est voué à l’effondrement. Les acquisitions réalisées lors de la formation de la bulle Internet sont un autre exemple de Ponzi Finance.

    Concernant les ménages endettés par les " subprimes ", ils ne pouvaient continuer à payer leurs intérêts qu’à condition que le prix des maisons augmente. Néanmoins, étant donné que 4 millions de maisons construites sont restées invendues, le prix des maisons a au contraire baissé. Les emprunteurs se sont donc retrouvés dans l’incapacité de payer et ils ont dû se déclarer en situation de faillite personnelle. Ainsi, le facteur déclencheur de la crise n’est pas la politique de la Fed, mais bien la chute du prix des maisons entraînée par l’excès de construction, qui a privé le consommateur de la possibilité de tirer de l’" equity " afin de rembourser son crédit. Le pire est à venir.

    (*) Chef économiste chez Natixis.

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  • Rions un peu avec Bernard Madoff Le 5 janvier 2009 à 17:05 , par Jean-Philippe L.

    Je me permets de partager avec vous une petite nouvelle que j’ai écrite très récemment sur le démarrage du scandale Madoff. Il s’agit d’une pure fiction et ne contient absoument rien d’historique. Comme toutes les histoires et les contes que j’ai écrites, ce n’est que par plaisir et délassement.

    Vous trouverez la nouvelle à l’adresse : http://palimpseste.blog.lemonde.fr/...

    J’espère qu’elle vous fera sourire... Bonne Année quand même à nous tous !

    Jean-Philippe L.

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  • On sera tous au RMI,tu verras . Qu’on soit banquier ,qu’on soit bandit !C’est tout pareil à ce qu’on dit !

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