Y compris des banquiers suisses et des hedge funds, pas des gamins débutant dans finance, sans doute aussi quelques fonds de pension qui ne s’en vantent pas, quelques riches gogos et, bien sur, BNP-Paribas, Natixis, la Société Générale, un petit peu le Crédit agricole, respectables établissements français que notre gouvernement s’est engagé à soutenir financièrement sans contrepartie d’un contrôle administratif que leur compétence ne justifiait évidemment pas.
Il faut se rendre à l’évidence : A moins de considérer que le monde de la finance n’est peuplé que d’imbéciles tout juste capables d’embaucher des Jérôme Kerviel ou de se goinfrer de créances pourries, la théorie suivant laquelle quelques malfaisants comme Kennet Lay (Enron), Arthur Andersen (Andersen consulting), ou Bernard Madoff sont les grains de sable suffisants pour gripper la machine financière par ailleurs parfaite ne tient plus.
En quoi Madoff serait-il plus coupable que ses victimes dont aucune n’accepte d’investir ses fonds dans une entreprise si elle ne peut lui garantir au moins 12 à 15% de retour sur investissement ? Madoff n’a escroqué que des spéculateurs attirés par un rendement de nature douteuse alors que le gérant de fonds actionnarial, en obtenant directement de l’entreprise des profits souvent supérieurs aux plus-values boursières tire sur les salaires, les conditions de travail et la précarité de ses salariés quand il n’en liquide pas l’actif dans des fusions-acquisitions.
La réalité, c’est celle de ces Hedge funds qui assurent leur rentabilité dans l’obscurité des paradis fiscaux, se dévorant entre eux, ce qui pourrait parfois nous réjouir mais qui malheureusement alimente des bulles financières qui finissent par nous sauter à la figure et finissent toujours par se refinancer sur l’économie réelle, c’est-à-dire à notre détriment.
Ils n’ont souvent pas des méthodes plus recommandables que celle d’un Bernard Madoff, mais, pas vu pas pris, ils prospèrent et s’il y a aussi des perdants dans ce monde spéculatif, seuls les naïfs s’en plaignent : les autres ont généralement d’autres arnaques de plan B dans leur gibecière.
Carpe Diem est le mot d’ordre dans cet univers financier, et si demain ça finit par aller très mal, il sera temps de faire appel à la finance publique pour réparer les déchirures dans le manteau de respectabilité d’un système vraiment avarié.
Bonnes fêtes de Noël tout de même, les média auxquels on peut se fier nous assurent que le marché des jouets ne faiblit pas.
Photo : ralphunden Flickr

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