Ce matin, le journal La Tribune (31 octobre 2008) s’étrangle. Obligé de titrer « La bombe des fonds de pension » et « Le krach des Bourses met en péril les retraites par capitalisation », ce quotidien se livre à un grand écart qui en dit long sur l’arrière-fond ultra-libéral qui a présidé à la privatisation des retraites dans le monde. Contraint de reconnaître que les fonds de pension ont prouvé leur incapacité à assurer des retraites à tous, il se livre à un éloge de Pinochet ayant privatisé les retraites chiliennes au début des années 1980 et montré l’exemple aux pays voisins.
Les journalistes de La Tribune conviennent-ils que le système de retraite par répartition est supérieur à son rival ? Nenni ! « Le système par répartition a aussi ses risques. Assis sur l’emploi, il est étroitement dépendant de l’activité nationale », écrivent François Lenglet et Xavier Harel, ce qui en dit long sur leur compréhension de la faillite des fonds de pension et, finalement, de la crise ! Comme si la capitalisation ne dépendait pas de la dynamique de l’activité et de la distribution de son fruit !
L’éditorialiste Philippe Mabille étouffe de rage. Les partisans de la retraite par répartition sont fustigés pour leur « certitude arrogante et naïve » et sont traités d’« ayatollahs », car « la bombe démographique est au moins aussi dangereuse que le krach boursier » Comme si la capitalisation n’était pas concernée par l’évolution démographique ! Car il suffit « d’investir et de sortir aux bons moments », affirment doctement François Lenglet et Xavier Harel.
Et de donner la parole à Philippe Marini, sénateur UMP : « Le choix individuel d’épargne, pour peu que sa gestion soit contrôlée et régulée, sera toujours à mes yeux indispensable. »
La force de l’idéologie, c’est de jouer à front renversé : l’ayatollah, c’est l’autre, précisément celui qui prône une solution collective, le sage est celui qui ne pense qu’à lui ! Et si ça ne suffit pas, on « régulera ».
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