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Investir dans le social après l’avoir détruit

jeudi 26 mars 2009, par Jean-Marie Harribey

Jacques Delors était invité le 26 mars au matin par France Inter, à l’occasion de la sortie de son livre écrit avec Michel Dollé, Investir dans le social (Odile Jacob, 2009).

Jacques Delors, initiateur de l’orientation néolibérale de l’Union européenne (notamment à travers l’Acte unique signé en 1986), artisan du « tournant » de la politique économique française en 1982-83, se vantait naguère d’avoir désindexé les salaires par rapport aux prix, chose qu’aucun gouvernement de droite n’était capable de faire accepter aux syndicats, d’avoir imposé un plan de rigueur et d’avoir convaincu ses amis socialistes que le marché était indépassable. Aujourd’hui, il veut investir dans le social. Comment ?

En prolongeant la durée de la vie active pour réformer les retraites et en refusant d’augmenter les cotisations sociales.

En incitant les chômeurs à reprendre un travail, première qualité du RSA.

En dégraissant le « mammouth », l’« État obèse », « difficilement contestable » ; il suffit de discuter les « modalités d’application ».

En faisant référence à la notion libérale néoclassique de « capital humain » pour désigner le savoir et le savoir-faire des travailleurs. Mieux encore, en remplaçant le mot « travailleur » par celui de « capital humain ». Ainsi, Jacques Delors parle des « 14 millions de capital humain dans l’industrie automobile ». Il ne craint pas l’aporie en définissant le capital humain comme « la capacité des individus à participer à la société, d’abord par le… travail » !!!

Bref, en approfondissant les politiques néolibérales qui ont mené à la crise.

5 Messages de forum

  • Investir dans le social après l’avoir détruit Le 26 mars 2009 à 16:53 , par Archiduc

    Tous les discours qui veulent faire croire que la richesse d’un pays provient d’autre chose que du travail humain ne sont que des calembredaines. Le travail humain est aussi bien le travail des chercheurs scientifiques que celui de l’ouvrier d’usine ou le cultivateur, et ce que font les spéculateurs n’est que de l’exploitation, on joue avec quelque chose qui ne vous appartient pas.

    La vente à terme, ou l’on gagne de l’argent grâce à la baisse, c’est à dire que l’on encourage, on favorise la baisse des actions est une tricherie que l’on devrait interdire.

    Pendant des années, les gens "importants", ont voulu nous faire croire que les magouilles des financiers produisait de la richesse et les badaux l’ont cru.

    En Économie, il y a des règles, mais ces règles ne sont pas respectées, Une banque doit prendre des précautions avant de prèter de l’argent.

    Lorsqu’une banque ou une Société risque de faire faillite, ce sont les actionnaires qui doivent en faire les frais et non les contribuables. Ils ont une responsabilité dans la marche de la Société, les Assemblées Générales sont faites pour cela. Laisser faire est coupable . Laisser les dirigeants mettre de l’argent plein leurs poches est de la responsabilité des actionnaires.

    Pourquoi les actionnaires devraient ils toucher des dividendes s’ils ont placé au Conseil d’Administration des incapables, des prévaricateurs, en un mot, des voleurs.

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  • Bien sûr que seul le capital humain est la valeur de création de richesses, une évidence qu’un petit nombre d’ultra-riches et de transnationales a voulu occulter et surtout le détourner à son seul profit.

    Comment avoir des intérêts de 15-20% alors que la croissance naturelle des entreprises n’est que de 3-5%, la seule variable d’ajustement c’est de jouer sur le capital humain. Remarquer le paradoxe, cette élite richissime scie la branche sur laquelle elle est assise, malheureusement la marge de manoeuvre est grande tant qu’elle n’a pas écumé l’ensemble de la planète ... mais toujours l’appât du gain à court terme.

    Je pense que les sociétés, l’industrie ont un devoir social contrairement à leur seul vision actuelle qui est de générer du profit coûte que coûte, raison pour laquelle les grands dirigeants ne sont plus que des financiers sans aucune vision industrielle à moyen et encore moins à long terme.

    Je ne suis pas un spécialiste de l’économie mais depuis quelques mois mes lectures sur le sujet m’ont permis d’entrouvrir les yeux et je voudrai vous faire part de quelques réflexions d’un béotien pour réguler le système :

    > limitation des écarts de salaires dans toute entreprise (nous serions passer d’un rapport de 1 à 30 à 1 à 300 en 30 ans)

    > instaurer une TVA « sociale » pour réduire le décalage des niveaux sociaux entre pays

    principe : les sociétés veulent produire ailleurs dans les pays à bas coût, pas de problème, ils veulent revendre leur produit en France, OK mais en appliquant cette TVA « sociale » sur la base des différences des niveaux sociaux, de la prise en compte du développement durable,...

    intérêts : tirer les protections sociales des pays low cost vers le haut conserver les industries locales arrêter la course aux bas coûts

    voir l’article très intéressant de F. LORDON sur le blog du Monde diplomatique et les autres

    http://blog.mondediplo.net/2009-02-17-La-menace-protectionniste-ce-concept-vide-de-sens

    > revenir à la vocation première de la bourse - soulever des capitaux pour aider les entreprises à se développer et non spéculer à tout vent - en supprimant la possibilité de revendre les actions dans la journée mais les posséder au moins 1 mois, supprimer lapossibilité d’acheter des « 100 » actions en déboursant uniquement « 10 »

    Arrêtons de tirer notre système vers le bas, posons nous les bonnes questions -quelle société voulons-nous ? - alors revenons aux vraies valeurs. Les moyens sont là, il suffit de « volontés » politique française, européenne et mondiale mais pour cela il faut exercer une pression intellectuelle et populaire continue et massive.

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  • aprés mink aprés juppé et consort voilà delors ultra liberal européen et dire que c’est le papa de la premiere secretaire du ps !!!!!!

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  • Investir dans le social après l’avoir détruit Le 30 mars 2009 à 21:00 , par Dorisong

    Ce qu’il se passe en Europe est stupéfiant. Un seul système économique et idéologique que se disputent une gauche et une droite vidées de leur substance.

    Donc Delors n’est pas transfuge, il est seulement en adéquation avec son substrat droitier : Bruxelles. Comme les socialistes des dernières décennies. Ce "capital humain" qui participe à la société par le travail !! Est-on encore "capital humain" quand il n’y a plus de travail. J. Delors, à ce sujet, se sert de la terminologie nationalsocialiste de si triste mémoire et l’on perçoit l’aspect nettement autoritaire de ce commis du marché. Il y a quelques jours, M. Strauss Kahn a bien averti les dirigeants européens , que si le social n’était pas pris en compte, il y aurait des mouvements sociaux durs et donc des risques pour la démocratie... .Donc la mise en danger de la démocratie sera le fait du peuple et non celui du "paria capitalismus" (voir Max Weber). Qu’on se le dise ! Allégeance à la société de marché...

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  • Investir dans le social après l’avoir détruit Le 1er avril 2009 à 13:49 , par laurent grappein

    Qu’attendre d’un homme qui ne s’est jamais frotté avec les électeurs. Son rapport au peuple est celui de cette noblesse des temps modernes : les technocrates (qui se font décideurs par démission voulue des nos politiques). Quant à son étiquette socialiste, oui à la sauce "tournant 1983", soit un déni démocratique et social.

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