Jacques Delors, initiateur de l’orientation néolibérale de l’Union européenne (notamment à travers l’Acte unique signé en 1986), artisan du « tournant » de la politique économique française en 1982-83, se vantait naguère d’avoir désindexé les salaires par rapport aux prix, chose qu’aucun gouvernement de droite n’était capable de faire accepter aux syndicats, d’avoir imposé un plan de rigueur et d’avoir convaincu ses amis socialistes que le marché était indépassable. Aujourd’hui, il veut investir dans le social. Comment ?
En prolongeant la durée de la vie active pour réformer les retraites et en refusant d’augmenter les cotisations sociales.
En incitant les chômeurs à reprendre un travail, première qualité du RSA.
En dégraissant le « mammouth », l’« État obèse », « difficilement contestable » ; il suffit de discuter les « modalités d’application ».
En faisant référence à la notion libérale néoclassique de « capital humain » pour désigner le savoir et le savoir-faire des travailleurs. Mieux encore, en remplaçant le mot « travailleur » par celui de « capital humain ». Ainsi, Jacques Delors parle des « 14 millions de capital humain dans l’industrie automobile ». Il ne craint pas l’aporie en définissant le capital humain comme « la capacité des individus à participer à la société, d’abord par le… travail » !!!
Bref, en approfondissant les politiques néolibérales qui ont mené à la crise.

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