Le sommet du G20 à Londres, en Avril, pour qui a pris la peine de lire en anglais ou en français l’indigeste document de 18 pages lui servant de conclusion, a finalement pris une ou deux décisions importante que certains spécialistes commencent à relever mais que l’on n’a pas pris la peine de vraiment expliquer aux non spécialistes :
La plus importante est sans aucun doute, après avoir reconnu que la crise financière originale était de la responsabilité des acteurs financiers par excès de dérégulation et de prélèvement de profits indus d’avoir décidé que la sortie de crise ne passerait pas par l’imposition. En lieu et place, ce sont les états qui se sont invités eux-même à refinancer le FMI, les banques régionales d’investissement, le système banquier en général suivant les besoins ... sur leurs ressources propres c’est à dire sur celles de leurs citoyens, et par l’emprunt ... sur les marchés financiers !
La boucle était ainsi bouclée : Plutôt que de surimposer les grandes fortunes, comme l’avait fait Roosevelt après 1929, le monde financier a obtenu qu’on lui emprunte l’argent nécessaire ... contre intérêts évidemment et en renforçant son contrôle sur l’économie en tant que créancier universel. Il fut un temps ou le capitalisme c’était la propriété des moyens de production : le capitalisme moderne, c’est la propriété de tout, l’autorité sur tout, par états débiteurs et captifs interposés.
Plus modeste dans ses objectifs et son importance sur le plan mondial, l’emprunt national décrété par Nicolas Sarkozy participe de la même philosophie : Le haut contribuable Français, à peine bénéficiaire du remboursement d’une partie de ses impôts en raison du bouclier fiscal sera invité illico, dès 2010 à réinvestir son argent dans un emprunt d’état. Démocratie oblige : la même faculté sera offerte au smicard et au bénéficiaire du RSA mais on peut penser que ces deux catégories de citoyens seront moins intéressées par cette possibilité, comme l’attestent les plus récents sondages d’opinion sur le sujet.
En clair, par l’intermédiaire des « ZINZIN » (investisseurs institutionnels) et des grosses fortunes, les grands prêtres du veau d’or vont avoir une nouvelle opportunité de placer leur argent dans une grande oeuvre d’état. Ils toucheront des royalties prélevées sur la cassette nationale et qu’auront à rembourser les générations futures.
Parions que l’exemple ne restera pas isolé et que d’autres pays emboîteront bientôt le pas à l’initiative du « grand » stratège financier dont la France s’est dotée.
Il faut se rendre à l’évidence : Depuis plus de 10 ans, Attac se bat pour la popularisation et la mise en place de taxes globales, mais ce sont nos adversaires du monde financier qui les ont mis les premiers en place : Maîtres de la circulation et de la création monétaire, ils gèrent dans leur ensemble un système de prélèvements global que James Tobin n’aurait jamais osé imaginer, même pour la conquête d’un prix nobel.
Dommage que la volonté politique s ‘en soit trouvé dans le camp d’en face.




"Dommage que la volonté politique s ‘en soit trouvé dans le camp d’en face".
Il y a donc quelque part un fonds capitaliste commun à l’idée de réguler le chaos économique ! Seule l’idée démocratique que s’en fait ATTAC diffère.
Nous proposons de jouer avec le "camp d’en face", à balles réelles. Enfin, le plaisir d’un vrai risque ! Quant aux générations futures, violons et trémolos de rigueur, d’ailleurs, en fait, toujours déjà là, nous leur recommandons de régler le problème de l’accès à la dette royale, par séparation des parties.
Les têtes capitalistes dans la corbeille. Et l’immense et affreux corps, trop de têtes nuit, de l’hydre prolétarien se trouvera immédiatement allégé de millénaires d’oppression et d’exploitation, au nom de classes qui se voient toujours de manière caricaturale, en tant que crème extrême.
A trop jouer du second degré, ou raccourcir pour aller à l’essentiel, on peut oublier que le lecteura sa propre interprétation des idées que l’on veut exprimer. Mes excuses au camarade qui a compris que je défendais l’idée suivante : "Il y a donc quelque part un fond capitaliste commun à l’idée de réguler le chaos économique" et encore que "seule l’idée démocratique que s’en fait Attac diffère".
Le prélèvement global sur l’économie et sur ses contributeurs est un outil que chaque acteur en position de le faire cherche à utiliser à sa façon. Tobin, inventeur de la taxe qui porte son nom était un libéral qui y voyait seulement un moyen de limiter l’emballement de la spéculation en taxant les transactions. Il a lui-même publiquement combattu l’idée d’Attac de détourner cette taxe de son objectif initial de régulation du système dans un but de régulation sociale. Le monde financier,sous l’impulsion notamment de la société du Mont Pellerin, du club de Chicago et de quelques autres à eu pour objectif permanent de taxer par tout les moyens les flux économiques en circulation et cet article sur "le veau d’or" n’a d’autre objet que de décrire l’un de ces moyens : Se placer en position de créancier pour toute la planète en taxant le capital qu’il prête constitue bien, sauf erreur, la plus complète des taxes globales jamais inventée.
Quand à Attac, qui propose d’utiliser une taxe inventée par le libéral Tobin à des fins loin des préoccupations de son inventeur, dans un cadre de gestion démocratique, on ne peut guère prétendre qu’elle participe à un "fond capitaliste commun" à moins de considérer que le couteau de cuisine est le fond commun à la ménagère et à l’assassin.
Bonnes vacances à tous
Claude