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Dégonfler la finance : nous soutenons Adair Turner

vendredi 28 août 2009, par aiouto

Un communiqué Attac qui décoiffe !
Quelques mois après avoir été sauvées d’une faillite certaine par l’injection massive de fonds publics, les banques occidentales renouent avec leurs profits et leurs bonus milliardaires.
Refusant toute mesure contraignante, le G20 laisse carte blanche à la finance globalisée pour préparer la prochaine bulle – qui sera peut-être « verte » – et donc le prochain krach.
Les codes de bonne conduite et autres mesures cosmétiques ne visent qu’à sauver les apparences pour que la rapine puisse continuer. Dirigeants politiques et financiers font mine de tout changer pour que rien ne change.

C’est pourquoi nous saluons la lucidité d’un des principaux acteurs de la finance globale, Adair Turner, actuel président de l’Autorité britannique des services financiers (FSA). Comme M. Turner, nous pensons que « si vous voulez faire cesser les rémunérations excessives dans un secteur financier hypertrophié, vous devez réduire la taille de ce secteur ou appliquer des taxes spéciales sur ses bénéfices avant rémunération ». Comme M. Turner, nous estimons que le niveau de rémunération dans les banques vient d’une « dérégulation financière caricaturale ». Comme M. Turner nous affirmons que la plupart des transactions de la place financière de Londres (nous ajoutons Paris, Francfort, New York...), et notamment celles accomplies par des traders assoiffés de bonus, sont « socialement inutiles » (AFP, 27/08/2009).

Comme M. Turner, nous pensons qu’augmenter le capital minimum nécessaire pour exercer des activités boursières serait une arme « puissante pour éliminer activités et profits excessifs ». Comme M. Turner, nous pensons qu’il faudrait « examiner la possibilité de taxes sur les transactions financières, des taxes Tobin ». Nous pensons même qu’il faudrait mettre en place ces taxes – sur toutes les transactions financières comme le propose M. Turner, et pas sur les seules transactions de change comme le disait James Tobin – le plus rapidement possible, pour éviter la formation de nouvelles bulles spéculatives et affaiblir la pression croissante que le capital financier exerce sur tous les aspects de nos vies : emplois, salaires, services publics, culture, environnement... Le produit de ces taxes, auquel on ajouterait celui d’une taxe globale sur les émissions de gaz à effet de serre, pourrait être affecté à des fonds gérés par les Nations unies pour financer le développement durable et la reconversion écologique des économies.

Turner est l’ancien directeur général de la Confédération britannique de l’industrie (le Medef britannique), et ancien vice-président de Merryl-Lynch Europe. Qu’il en vienne à reconnaître la nécessité impérieuse de réduire le volume de la sphère financière est un signe encourageant. Puisque la spéculation financière ne joue « aucun rôle social utile », il n’y a pas d’inconvénient à la dégonfler, même si la France ou l’Europe commencent seules. Nous demandons au président de la République Nicolas Sarkozy, qui prétend vouloir dompter une « finance qui marche sur la tête », de commencer par soutenir les propositions de M. Turner dès le prochain G20 de Pittsburgh, et de faire en sorte que la France et l’Union européenne proposent à cette occasion la mise en place d’une taxe Tobin au niveau international et d’une taxe globale sur les émissions de gaz à effet de serre.

Attac France, Montreuil, le 28 août 2009

Photo : The CBI Flickr

2 Messages de forum

  • Dégonfler la finance : nous soutenons Adair Turner Le 31 août 2009 à 10:58 , par R. Zaharia

    De l’utilité sociale...

    Il me semble que la référence à l’absence de "rôle social utile" par... cet ancien responsable de [la spéculation de...] Merryl Lynch, doit pouvoir être mise en valeur :

    Nous devrions souligner l’intérêt trop méconnu de ce qui devrait être une caractéristique essentielle d’une activité : faute de considérer son utilité sociale, aujourd’hui, "un emploi c’est sacré"... même s’il contribue à nuire à notre environnement, donc à notre santé.

    A partir de ce "constat dérangeant", (préalable obligatoire à toute mobilisation...), nous pourrions formuler une série d’exigences, comme par exemple :

    - la nécessité d’un débat public pour définir démocratiquement ce qui est plus utile et ce qui l’est moins... (Cf l’article 6 de la DDHC 1789 : "La loi est l’expression de la volonté générale"),

    - la nécessité de créer un lien plus fort entre les revenus que l’on peut tirer d’une activité et son rôle social ; il pourrait s’agir soit de mieux rémunérer les activités les plus utiles, soit d’augmenter la pression fiscale sur celles qui sont nuisibles.

    - la nécessité de revoir les indicateurs et critères de choix économiques en vigueur à présent et qui sont aberrants, c. à d. exiger que la "Vérité des couts" soit moins inaccessible, (en considérant notamment le fait que certains biens communs n’ont pas de valeur monétaire.... ce qui ouvre une voie royale à la "privatisation des profits et la socialisation des pertes"),

    - l’intérêt d’un Revenu d’existence inconditionnel (indépendant du fait que l’on ait un boulot ou pas). Cette "allocation universelle" devant permettre une vie digne : pas seulement la satisfaction des besoins fondamentaux de la personne humaine, mais aussi le pouvoir de refuser un emploi socialement nuisible, comme pourraient alors le faire, entre autres, les personnes qui remplissent nos boites à lettres des prospectus publicitaires de la grande distribution (avec une triple pollution : d’abord, dans nos esprits... ou l’on s’acharne à faire naitre des pulsions de consommation pour des produits non durables... puis dans nos incinérateurs, et enfin dans notre formule sanguine "enrichie"... par toutes sortes de substances chimiques présentes dans ce que nous mangeons ou ce que nous respirons).

    L’utilité sociale peut être un moyen de montrer qu’il existe des questions transversales, communes à bien de luttes, (même si ceux qui les portent n’en sont pas toujours conscients...). Ces questions clés, (comme reconquérir le pouvoir monétaire privatisé par les Traités de l’UE... donner plus de poids à la notion d’utilité sociale, faire naitre dans la presse Alter une capacité d’action coordonnée...), constituent autant de raisons de favoriser la convergence des luttes, seul moyen, il me semble, d’éviter 10 ans de Sarko apres 12 ans de Chirac.

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  • Dégonfler la finance : nous soutenons Adair Turner Le 2 septembre 2009 à 08:48 , par Ariane

    Attac pourrait aussi peut être adjoindre le combat pour une nationalisation de la monnaie et démontrer la nécessité de changer la loi française et l’article 104 de Maastricht qui interdit aux banques centrale de prêter directement aux Etats.

    Conséquence : 1350 milliards d’intérêts payés aux privé (et donc aux banques) depuis 1973.

    Voir (et signer) également la pétition " pour que l’argent nous serve au lieu de nous asservir " sur http://fr.public-debt.org/

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