Il y a d’abord la contagion du protectionnisme, d’autant plus dangereuse que cette maladie frappe toujours, en premier lieu et presque exclusivement, les pays qui sont habituellement les plus fervents zélateurs du libre-échange. D’où une étrange tendance au double langage qui frappe tous les grands de ce monde, y compris le petit Nicolas s’embrouillant les pinceaux pour justifier l’aide apportée à l’industrie automobile française.
Et s’il n’y avait que cela. Il faut aussi faire face à la contagion du keynésianisme (Dieu merci, on n’en est pas encore au marxisme !), et à cette nouvelle manie des États de vouloir se mêler de tout. D’où la grande colère de Madame Parisot, lorsqu’elle a appris que le président Obama envisageait de plafonner à 500 000 dollars les revenus annuels des chefs d’entreprise recevant des aides de l’État. Mais de quoi je me mêle !
Mais il y a encore pire. Ne voilà-t-il pas maintenant que certains envisagent sérieusement de réduire l’écart entre les revenus des riches et ceux des pauvres, et de permettre à ces derniers de consommer davantage ? Y compris dans nos colonies, je veux dire dans nos départements d’outre-mer. Alors là, la coupe est pleine. Heureusement, le gouvernement veille. Pas question d’augmenter le salaire des pauvres d’outre-mer, le danger de contagion à la métropole est trop grand, comme le précisait hier sur la chaîne parlementaire Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-mer dans le gouvernement Raffarin. Chose curieuse, si l’on peut dire, Martine Aubry tient un discours assez proche ce matin dans Le Parisien : « Je crains effectivement que le sentiment de ras-le-bol des Guadeloupéens et des Martiniquais ne se diffuse ici… Il faut tout faire pour que cela n’arrive pas. »
Allez, encore une petite tranche de Martine Aubry pour terminer : « Un syndicat doit être responsable dans la façon dont il fait grève. » Ce n’est quand même pas parce qu’il y a une crise qu’il faudrait se croire tout permis !
[Photo : [http://www.flickr.com/photos/minaca...]

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